Le chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, ne décolère pas. Après la publication d’un communiqué réclamant une réponse ferme à la montée de la violence juvénile, il s’est retrouvé au centre d’une controverse alimentée par certains militants et médias, qui l’accusent de tenir un discours « fasciste » pour avoir mentionné, lors d’une entrevue, le nom du groupe criminel Arab Power — une organisation qui recrute massivement des mineurs sur une base ethnoculturelle. En réponse, PSPP a publié un long message sur Facebook, dans lequel il refuse de céder au chantage idéologique et affirme avec clarté : « Il faut pouvoir librement nommer la réalité et le diagnostic. »
Une situation criminelle qui dégénère
Le communiqué du Parti Québécois, diffusé le 30 juillet, sonnait l’alarme : la violence et la criminalité des jeunes atteignent des sommets sans précédent. Montréal est désormais en tête du palmarès canadien des homicides, surpassant même Toronto, pourtant plus populeuse. Plus du tiers des meurtres impliquent désormais des jeunes de moins de 21 ans, souvent enrôlés dès l’âge de 12 ou 13 ans dans des gangs qui les considèrent comme des pions remplaçables. « Devant cette dégradation du climat de sécurité de nos concitoyens, la passivité et la naïveté des politiciens ne peuvent être des réponses », écrivait PSPP, appelant à des mesures fortes.
Parmi les propositions du PQ : l’embauche de 800 policiers et 100 travailleurs de rue supplémentaires, la réactivation des escouades régionales mixtes, et la création d’une commission parlementaire urgente sur le recrutement des jeunes par les gangs.
Une sortie interprétée… et déformée
Mais ce n’est pas ce communiqué qui a fait scandale. Ce sont les propos tenus en entrevue, à la suite d’une question explicite posée par un journaliste : existe-t-il un lien entre cette nouvelle forme de criminalité juvénile et l’immigration? Plutôt que d’éluder, PSPP a répondu franchement, évoquant l’émergence de groupes criminels récents, comme Arab Power, dont les techniques de recrutement très agressives seraient inédites au Québec. Il a souligné que les victimes elles-mêmes sont souvent issues de l’immigration, et que les parents, notamment musulmans, « demandent de l’aide ».
La réaction ne s’est pas fait attendre. Certains militants d’extrême gauche, qualifiant ses propos de « fascistes », ont exigé des « sources » et ont tenté de disqualifier le débat en insinuant une intention raciste là où PSPP avait justement pris soin de distinguer l’ensemble des immigrants québécois des agissements d’un groupe criminel bien précis.
Un appel au réalisme, pas au repli
Dans son message publié dimanche soir, St-Pierre Plamondon a mis les choses au clair : il ne s’agit pas de « blâmer » l’immigration, mais de reconnaître les réalités nouvelles sur le terrain. L’expression même Arab Power est, selon lui, sans ambiguïté : « leur recrutement se fait sur une base ethno-culturelle et leurs victimes sont en très forte majorité issus de la même communauté. » Refuser d’aborder ces faits revient à laisser le champ libre à des organisations qui exploitent les plus vulnérables. Et cela trahit aussi les familles concernées, qui ne demandent qu’une chose : que leurs enfants soient protégés.
PSPP dénonce l’« omerta » imposée par les militants de l’immigration sans limites, qui refusent de voir ou de nommer les effets concrets de certaines politiques : ghettos, désintégration sociale, surmenage des services publics, crise du logement et montée de la violence. Selon lui, il faut replacer ces enjeux dans une logique d’intégration réelle et de cohésion civique : « Je vous soumets que les Québécois issus de l’immigration ont exactement les mêmes intérêts que les autres Québécois. »
Un avertissement sur fond européen
La dernière partie de son message sonne comme un avertissement : le Québec ne serait pas à l’abri de ce que certaines villes européennes vivent actuellement — des zones de non-droit, des quartiers échappant à l’autorité publique, une police impuissante à contenir les conflits interethniques ou inter-gangs. « Ce n’est pas trop tard pour intervenir contrairement à certaines villes européennes », écrit-il, plaidant pour un sursaut avant qu’il ne soit trop tard.
Un discours lucide mais inaudible?
Ce n’est pas la première fois que St-Pierre Plamondon est victime d’un traitement différencié dans l’espace public. Comme il le rappelle, ses positions sur la fermeture du chemin Roxham, l’impact de l’immigration sur le logement ou les services ont d’abord été diabolisées, pour ensuite être validées par les faits. Pendant que Mark Carney, Jean Boulet ou Justin Trudeau peuvent parler d’immigration de manière stratégique, PSPP, lui, se voit systématiquement accusé d’extrémisme dès qu’il évoque la nécessité de limiter les seuils ou d’assurer une véritable intégration.
Mais en 2025, peut-on encore sérieusement ignorer le fait que les méthodes de certains gangs changent profondément la donne? Peut-on écarter d’un revers de la main les données du Journal de Montréal, les cris d’alarme des policiers, des intervenants communautaires et des parents?
En s’attaquant à ce tabou, PSPP ne fait pas que poser un diagnostic. Il met en lumière un refus idéologique d’admettre la réalité — un refus qui, s’il persiste, risque d’avoir des conséquences tragiques.



