Ce qui se déroule aujourd’hui au Royaume-Uni est un avertissement clair pour le Canada.
Depuis la fin du mois de juillet, le Royaume-Uni connaît une vague de manifestations anti-immigration en réponse à l’hébergement de demandeurs d’asile dans des hôtels. Le mouvement de protestation a débuté à Epping, dans l’Essex, autour de l’hôtel Bell, suite à l’arrestation d’un migrant éthiopien accusé d’une tentative d’agression sexuelle sur une adolescente de 14 ans. En date du 5 août, des protestations similaires sont aussi survenues à Londres, Norwich, Manchester et Southampton. D’autres manifestations sont prévues pour le 8 août dans 14 endroits différents à travers le pays, témoignant d’un mouvement d’ampleur nationale.
Au-delà d’Epping, d’autres protestations sont survenues suite à des incidents criminels attribués à des migrants. À Nuneaton, après l’arrestation de deux hommes afghans accusés du viol d’une fillette de 12 ans. À Wilmslow, Manchester, suite à la tentative d’enlèvement d’un enfant de 10 ans par un demandeur d’asile.
Bien que certaines de ces manifestations soient soutenues par des groupes établis, comme Homeland à Epping ou Britain First à Manchester, beaucoup sont organisées de manière organique à partir des réseaux sociaux, via des groupes WhatsApp et Facebook, où des citoyens sans expérience politique créent des pages sur le modèle : « [Ville] dit non à [Hôtel] ». Par exemple, la marche des femmes et des enfants à Canary Wharf, où 200 à 300 participantes vêtues de rose ont défilé en chantant des chansons traditionnelles britanniques, a été initiée via un chat WhatsApp.
Ces manifestations interviennent dans un contexte de migration nette encore très importante, estimée à 431 000 en 2024, même si elle est inférieure au record de 2023. Plus de 36 800 traversées irrégulières par la Manche en 2024 — et déjà plus de 25 400 entre janvier et juillet 2025, soit une hausse annuelle de 51 % — ont corroboré la perception d’une crise migratoire nationale. Durant 2024‑25, jusqu’à 38 079 demandeurs d’asile (environ 33% des bénéficiaires de l’aide) étaient hébergés dans plus de 220 hôtels à travers le pays, ce qui représente un coût estimé à plus de 5,5 millions de livres par jour, soit au moins 2 milliards de livres par an pour l’État britannique.
Les demandeurs d’asile obtiennent de meilleurs avantages que les citoyens britanniques. Entre 2020 et la mi-2025, la NHS (National Health Service) a délivré 923 199 certificats HC2 à des demandeurs d’asile au Royaume-Uni, selon des données officielles obtenues par une demande d’accès à l’information. Ces certificats donnent un accès entièrement gratuit aux services du NHS, incluant les ordonnances, les soins dentaires, les examens de la vue, les frais de transport pour se rendre à l’hôpital, etc. Ce nombre représente un peu plus de 50% de l’ensemble des certificats HC2 délivrés pendant cette période. Rien qu’en 2023, 220 699 certificats ont été remis à des demandeurs d’asile. Pour relativiser, les soins dentaires et les examens de la vue ne sont pas universellement gratuits au Royaume-Uni; les frais de transport vers l’hôpital non plus. En Angleterre, il faut payer pour ses ordonnances.
L’hébergement de migrants dans des établissements haut de gamme n’est pas fantasmé. Une vidéo diffusée en ligne le 2 août (et corroborée par The Sun) montre un autocar transportant uniquement des hommes demandeurs d’asile arriver en pleine nuit à l’hôtel Britannia International, un établissement quatre étoiles de Canary Wharf récemment transformé en centre d’hébergement d’urgence pour migrants. Les défenseurs de cet accueil massif de migrants arguent que les hommes arrivent seuls pour ensuite demander la réunification familiale. Ils s’appuient sur les chiffres du Migration Observatory d’Oxford selon lesquels 81% des visas de réunification familiale sont livrés à des femmes. Soit, mais tous n’en font pas la requête. Ainsi, les hommes représentent quand même presque 65% des demandeurs admissibles. Une grave disproportion.
Des contre-manifestations, organisées par des groupes comme Stand Up to Racism et des activistes antifascistes n’ont évidemment pas tardé, rassemblant des militants « anti-racistes », des syndicats, des ONG, et des membres de communautés musulmanes, parfois mobilisés via des appels lors de prières dans des mosquées (par exemple, celle d’Islington à Londres). Ces événements sont généralement dépeints favorablement par les médias britanniques et internationaux, comme des réponses pacifiques à la « haine raciste », protégeant les migrants face à l’extrême droite.
En revanche, les manifestations de patriotes contre l’immigration massive et la mauvaise gestion de la crise migratoire sont présentées comme des événements majoritairement violents ou motivés par des sentiments racistes et islamophobes, souvent associés à des groupes d’extrême droite. La couverture médiatique est marquée par une condamnation quasi unanime des violences et de la xénophobie. La BBC et The Guardian mettent en avant le rôle de la désinformation, notamment les fausses rumeurs sur les réseaux sociaux, où des crimes « présumés » par des migrants ont amplifié les tensions.
Mais même si pour les fins de la discussion, on admet que les incidents criminels ci-haut mentionnés aient été faussement attribués à des migrants, on ne peut plus nier les viols collectifs perpétrés par les réseaux de prédateurs pakistanais depuis les années 1990. Le décalage culturel entre une certaine immigration extra-européenne et la population anglo-saxonne de souche n’a plus à être démontré. D’ailleurs, il n’y a nul besoin d’aller jusque là pour désapprouver de l’hébergement de migrants (presque exclusivement masculins) dans des hôtels trois étoiles avec l’argent des contribuables. Un exemple récent: l’hôtel Thistle City Barbican, à Londres, est devenu une zone de non-droit hors contrôle. Des résidents du quartier ont signalé des incidents tels que des téléviseurs jetés par les fenêtres, des matelas incendiés, et plus d’une trentaine d’occupants accusés collectivement d’environ 90 délits allant du vol à l’agression sexuelle en passant par la violence contre des agents de police. Outre, le Daily Mail a rapporté qu’une vérification des registres des tribunaux montre que, rien que dans 70 des hôtels utilisés — environ un tiers du total —, 312 résidents ont été accusés de 708 délits.
L’élément criminogène ne fait qu’aggraver une crise potentiellement existentielle. En 2023, les cinq nationalités les plus représentées parmi les demandeurs d’asile ayant déposé leur dossier depuis le Royaume-Uni étaient l’Afghanistan, l’Iran, le Pakistan, l’Inde et le Bangladesh : une immigration largement extra-européenne culturellement éloignée des mœurs et des valeurs britanniques. Dans sa lecture de la situation britannique, le commentateur conservateur Connor Tomlinson insiste sur la transformation démographique du pays, qui a vu la formation d’enclaves ethniques non intégrées. Il estime que le Royaume-Uni court un risque de guerre civile, comme le montrent les alertes de l’universitaire David Betz sur les tensions causées par l’immigration de masse, la fragmentation culturelle et la défiance envers les institutions depuis le Brexit.
Pendant ce temps, au lieu de s’attaquer à la source du problème, le gouvernement de Keir Starmer a mis en place une unité nationale spécialisée de détectives d’élite, rattachée au National Police Coordination Centre, chargée de surveiller les réseaux sociaux afin de repérer rapidement les contenus anti-migrants. Le gouvernement travailliste Starmer va également utiliser un outil informatique développé initialement pour la lutte antiterroriste afin de surveiller les messages en ligne critiquant la politique d’accueil des migrants en hôtel. Ces stratégies gouvernementales suscitent des inquiétudes quant à une atteinte à la liberté d’expression, qui ressemble à une forme de censure déguisée contre des voix critiques du gouvernement.
Outre, un document interne révèle l’existence d’une unité secrète de renseignement numérique (National Security and Online Information Team) au sein de l’administration britannique, chargée d’identifier et de signaler aux plateformes comme TikTok ou X des contenus critiquant les centres d’hébergement pour migrants ou évoquant une « police à double vitesse ». Ces échanges ont eu lieu pendant les émeutes de Southport en août 2024, alors qu’une vague de protestations s’étendait à travers le pays. Le gouvernement affirme que cette démarche vise à combattre les messages susceptibles d’inciter à des troubles civils, et non à censurer des opinions légales. Quoi qu’il en soit, les préoccupations de ce gouvernement semblent aller à sens unique.
En privilégiant la protection des communautés migrantes perçues comme vulnérables tout en ignorant ou tolérant les discours hostiles aux Britanniques de souche, le gouvernement Starmer applique un double standard qui justifie les accusations de « deux poids, deux mesures ».
Ce qui se déroule aujourd’hui au Royaume-Uni est un avertissement clair pour le Canada. En tentant de censurer les critiques légitimes de sa politique migratoire au nom de la « cohésion sociale », le gouvernement travailliste de Keir Starmer renforce une polarisation déjà explosive. Or, Mark Carney, dont les positions sur l’immigration, la centralisation étatique et la surveillance idéologique rappellent fortement celles de Starmer, semble vouloir emprunter le même chemin. Le Canada a progressivement cessé d’héberger les migrants dans des hôtels, mais leur verse des chèques d’aide sociale pour payer leur loyer — alors que la crise du logement qui s’aggrave. Le parallèle est troublant : accueil massif, dépenses publiques incontrôlées, criminalité ignorée ou minimisée, et marginalisation des citoyens préoccupés par le tissu social de leur pays. Si le Canada ne veut pas suivre la même trajectoire de fracture culturelle, de mépris démocratique et de répression idéologique, il est urgent de remettre en question la vision mondialiste que partagent Starmer et Carney — une vision qui sacrifie la stabilité nationale au profit d’un modèle d’ingénierie sociale déconnecté des réalités vécues par les populations locales.



