La CAQ subit un nouveau revers sur la place publique : l’ex-ministre Maïté Blanchette Vézina, exclue du conseil des ministres, vient d’annoncer son départ du caucus caquiste. François Legault doit donc composer avec des députés d’arrière-ban mécontents du déclin accéléré du parti, qui menace leur poste, et avec deux départs survenus au cours des deux dernières semaines : celui de la ministre Andrée Laforest, ainsi que l’exclusion de Pierre Dufour. François Legault doit-il démissionner ?
Il semble de plus en plus clair qu’il devra faire un choix rapidement, au risque de plonger le Québec dans une crise politique. On peut aisément comparer la situation à celle des libéraux sous Justin Trudeau : des députés annonçaient qu’ils ne se représenteraient pas, d’autres quittaient carrément le caucus. La mutinerie était telle que Trudeau a été poussé vers la sortie. Nous connaissons la suite.
Il est peu probable que la CAQ puisse trouver une figure « providentielle » comme Mark Carney pour sauver les meubles. Certes, Simon Jolin-Barrette est un homme de talent, mais a-t-il ce qu’il faut pour rassembler des gens qui n’étaient unis que sous la houlette paternelle de François Legault ? Rien n’est moins sûr. Et la CAQ n’a pas d’assises solides comparables à celles des libéraux. Personne n’est vraiment prêt à se sacrifier pour ce parti qui ne restera peut-être qu’une étrange parenthèse dans l’histoire du Québec.
Le premier ministre doit au plus vite prendre une décision sur son avenir politique. Il a très mal géré de nombreux dossiers : le troisième lien, les relations avec Ottawa, Northvolt, Lion Électrique, et le plus évident : SAAQclic. Comment un site web pour renouveler son permis de conduire a-t-il pu coûter le prix d’un Burj Khalifa à Dubaï ? On se le demande encore. Mais pour un tel échec, il est évident que des gens devraient être sanctionnés publiquement.
À cela s’ajoute la gestion calamiteuse de la crise du logement, de l’immigration temporaire, et son recul constant concernant le renforcement du français dans la métropole. De nombreux griefs minent la réputation du premier ministre. S’il aime encore le Québec, qu’il démissionne et que l’on organise des élections au plus vite. La CAQ n’aura été qu’un moment étrange de notre histoire, où la « troisième voie » centriste ne fut qu’un mirage. Car à force de ne pas trop vouloir se mouiller, on finit par se noyer.



