Fierté Montréal a pris la décision explosive d’exclure le groupe Ga’ava — une organisation LGBTQ+ juive — de son défilé 2025, prévu pour le 10 août. Le motif officiel invoqué? La lutte contre les « discours haineux ». Mais pour de nombreux observateurs, cette justification cache mal une décision profondément idéologique, politiquement motivée et — n’ayons pas peur des mots — antisémite.
Ga’ava, qui représente les personnes LGBTQ+ juives de Montréal et est affiliée au Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), a dénoncé publiquement cette exclusion mercredi soir sur les réseaux sociaux. Son président, Carlos A. Godoy L., a qualifié le geste de « profondément discriminatoire et antidémocratique », soulignant qu’il s’agissait d’une réponse à des pressions de groupes qui « célèbrent les atrocités du 7 octobre 2023 » et « nient l’existence même d’Israël ».
La nouvelle, confirmée jeudi matin par la direction de Fierté Montréal à la Montreal Gazette, a provoqué une onde de choc dans la communauté juive et au-delà. L’omniprésence des motivations politiques dans cette décision est difficile à nier : elle survient dans la foulée d’un boycott public mené par la chanteuse Safia Nolin, qui avait dénoncé la présence de « sionistes » et de drapeaux israéliens à la parade. Fierté Montréal a ensuite publié une déclaration officielle où elle condamnait « le génocide en cours à Gaza » et annonçait qu’elle refuserait l’accès à « tout groupe propageant un discours haineux ».
Une exclusion ciblée… et revendiquée
Interrogée par The Gazette, la secrétaire du conseil d’administration de Fierté Montréal, Marlot Marleau, a confirmé que Ga’ava faisait partie des groupes désormais bannis. Lorsqu’on lui demande si Ga’ava est bel et bien considéré comme propageant un discours haineux, la réponse est directe : oui. Sans plus de détails. Aucune citation, aucune preuve, aucun processus transparent. Juste un jugement unilatéral.
Et pour dissiper toute accusation d’antisémitisme, Marleau ajoute que ce n’est « pas les Juifs qui sont exclus, mais seulement ce groupe juif-là ». Un raisonnement spécieux qui revient à dire : « nous n’excluons pas les Noirs, seulement les groupes qui parlent trop fort de racisme. »
Une instrumentalisation idéologique de l’inclusion
En réaction à cette exclusion, la vice-présidente du CIJA-Québec, Eta Yudin, a publié un message sobre mais indigné sur X :
« En tant que fière alliée de la communauté LGBTQ2AI+, tant comme vice-présidente du CIJA qu’à titre personnel, et de nos partenaires de Ga’ava, je suis outrée de voir qu’une organisation dédiée à lutter pour un Québec plus inclusif ait décidé d’exclure du défilé de la Fierté les institutions de la communauté juive, ce faisant, disant aux membres LGBTQ2aI+ et à leurs alliés juifs qu’ils ne sont pas les bienvenues. »
Elle dénonce un revirement grave dans la mission inclusive de Fierté Montréal, qui, au lieu de rassembler, « se joint à ceux qui alimentent la haine ».
Mais c’est le témoignage bouleversant de Mandana Javan, militante québécoise d’origine iranienne, qui décortique le mieux les tenants et aboutissants idéologiques de cette affaire. Dans une publication sur Facebook, elle relie l’exclusion de Ga’ava au climat d’intimidation politique actuel et à l’emprise grandissante de certains lobbys islamistes dans les sphères culturelles et militantes.
« Je suis née dans une dictature islamique. J’ai vu ce que ça fait, quand la haine se faufile dans les institutions au nom de la justice. »
Elle y dénonce l’antisémitisme enveloppé de progressisme, la hiérarchisation des victimes, et la lâcheté généralisée qui permet à des gestes aussi graves de passer sous silence :
« Ce qui vient de se produire à Fierté Montréal n’est pas un incident. C’est un symptôme. »
Vers une fracture irréversible?
La situation actuelle est symptomatique d’une rupture plus large au sein du mouvement LGBTQ+. Depuis mai dernier, dix groupes ont quitté Fierté Montréal, certains critiquand son wokisme et sa politisation, et d’autres, encore plus radicaux dans leur islamo-wokisme, fondant un nouvel évènement supposément plus «inclusif» nommé «Wild Pride».
Il faut appeler un chat un chat : nous assistons à la capture idéologique de nos institutions les plus sensibles. L’inclusion est devenue conditionnelle. La diversité, filtrée. Et la défense des droits humains, récupérée par des agendas militants sectaires. On ne juge plus les gens pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils pensent.
Ce qui est arrivé à Ga’ava ne concerne pas que les Juifs. Cela concerne toute société qui prétend être pluraliste et libre. Une société où la diversité devient un prétexte à l’exclusion est déjà en train de se renier.



