Jordan Peterson refuse le huis clos imposé pour sa rééducation : « Ce n’est pas la paix qui prospère dans l’ombre, mais la corruption »

Jordan Peterson, psychologue clinicien, professeur et intellectuel mondialement reconnu, signe cette semaine un nouveau texte percutant dans le National Post intitulé : « At long last, my re-education ‘coach’ has been chosen ». Ce billet, où transparaît à la fois la lassitude et la combativité de l’auteur, revient sur l’ultime rebondissement d’un long affrontement entre Peterson et le College of Psychologists of Ontario, désormais rebaptisé Ontario College of Psychologists and Behaviour Analysts.

Le cœur de la controverse? Une série de tweets jugés « non professionnels », pour lesquels l’organisme de réglementation a exigé de Peterson une forme de « rééducation », c’est-à-dire une formation imposée, encadrée par un mystérieux « expert des médias sociaux ». Aujourd’hui, le Collège a changé son fusil d’épaule, allégeant drastiquement les exigences… mais exigeant le huis clos. Peterson, lui, refuse catégoriquement toute confidentialité.

Une croisade bureaucratique à visage idéologique

Peterson, qui a quitté le Canada en partie à cause de cette affaire, résume la situation sans détour :

« Je suis fatigué de tout cela, moi qui ai quitté le pays en bonne partie à cause des manigances idéologiques, de la fausse moralité et de la quête mesquine de pouvoir de cet auguste organisme. »

Il dénonce la vacuité des accusations portées contre lui. Parmi ses « crimes », il cite ses critiques virulentes contre les soins dits de « transition de genre », la glorification de l’obésité par le mouvement body positive, ses propos contre Justin Trudeau, ou encore ses attaques contre les modèles catastrophistes liés aux changements climatiques.

« J’ai dénoncé une actrice qui vantait fièrement l’ablation volontaire de ses seins devant une foule de jeunes femmes influençables, susceptibles de tomber dans cette contagion sociale qu’on déguise sous le terme diabolique de ‘soins d’affirmation de genre’. […] Depuis, la Cour suprême du Royaume-Uni a elle-même reconnu qu’il existe une différence fondamentale et inaliénable entre les hommes et les femmes. »

Des critiques devenues prophétiques?

Dans un ton typiquement polémique, Peterson note que plusieurs de ses positions controversées se sont vues confirmées par l’évolution des politiques publiques en Europe :

« Les Pays-Bas — où l’horreur a vu le jour — ont interdit ces procédures sur les mineurs. […] Les modèles climatiques catastrophistes que j’ai dénoncés s’effondrent tandis que l’Allemagne plonge économiquement à cause de sa folie verte. »

Une sentence kafkaïenne

Le Collège, après avoir rejeté l’appel de Peterson, a voulu imposer une formation en présentiel à Toronto, à ses frais, sous la direction d’un spécialiste anonyme, avec obligation de confidentialité. Peterson dénonce une procédure digne d’un régime autoritaire :

« Je devais accepter de garder confidentiels les échanges, l’identité du formateur, et même le contenu des séances. Un compte rendu m’aurait été remis… mais seulement si je m’engageais à ne jamais le rendre public. »

Aujourd’hui, après des mois de silence, le Collège revient avec une nouvelle proposition : une seule séance de deux heures, à distance cette fois, animée par un certain Harry Cayton, un Britannique qui n’est ni psychologue, ni expert en médias sociaux. Son site le présente comme un « conseiller de renommée internationale en matière de régulation professionnelle », mais son rôle exact demeure flou.

Peterson ironise :

« Si c’est un expert véritable, pourquoi ne pas rendre la discussion publique? S’il doit me rééduquer, pourquoi ne pas partager sa sagesse avec tous? »

Il poursuit :

« La rencontre sera douce, bienveillante, il s’agira simplement de ‘réfléchir et d’améliorer [ma] professionnalité dans les déclarations publiques’. Voilà la citation exacte. Ils ont même inversé le sens de la phrase. Ce n’est pas ma professionnalité qu’il faut améliorer, mais le manque de professionnalité supposé. »

La tentation d’abdiquer

Peterson avoue être tenté de mettre un terme à ce calvaire :

« C’est une expérience horrible : une décennie de conflit, public à l’échelle mondiale, destructeur pour ma famille, et qui m’a coûté près de trois quarts de million de dollars. Je pourrais en finir d’un simple trait de plume. »

Mais il résiste, invoquant un devoir moral :

« Je sais, au plus profond de mon âme — et je prends ces choses avec un sérieux mortel — qu’il est gravement erroné de se soumettre à des tyrans mesquins, même sous le masque du bien. […] Dieu était prêt à épargner Sodome et Gomorrhe si dix hommes justes s’y trouvaient. Nous sommes tous appelés à être l’un de ces dix. »

Transparence ou tyrannie

En conclusion, Peterson prévient que s’il cède, n’importe qui pourrait être réduit au silence. Ce n’est pas la protection du public qui est en jeu, mais l’extension d’un pouvoir bureaucratique opaque :

« Parce que ces procédures sont arbitraires, injustes, incompétentes et folles ; parce que si ces bureaucrates confus et pétris d’eux-mêmes peuvent me faire taire, moi, avec toutes mes ressources, ils peuvent faire taire n’importe qui — et c’est exactement le but. »

Il affirme qu’il enregistrera toute rencontre imposée, qu’importe les protestations :

« Je l’ai dit à mes avocats, qui m’appuient : la demande de confidentialité est inacceptable. Le public décidera par lui-même qui a quelque chose à révéler et qui a quelque chose à cacher. »

Et de conclure, dans un ultime éclat :

« Faites de votre pire, bande de salauds méprisables — mais ne croyez pas que vous bénéficierez de l’invisibilité. C’est la corruption, et non la paix, l’ordre et le bon gouvernement, qui prospère dans l’obscurité. Nous verrons bien qui clignera des yeux. »

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