Brent Jang rapporte dans The Globe and Mail que la Nation Nisga’a du nord-ouest de la Colombie-Britannique franchit une étape historique : le projet Ksi Lisims LNG vient d’obtenir les approbations conditionnelles des gouvernements provincial et fédéral. Pour la présidente élue Eva Clayton, ce n’est pas seulement une victoire économique, mais un symbole éclatant de réconciliation et de participation pleine et entière des Premières Nations au développement du pays.
Une Nation désormais au centre de l’économie
« This is what reconciliation looks like: A modern treaty Nation once on the sidelines of our economy, now leading a project that will help write the next chapter of a stronger, more resilient Canada » (« Voilà à quoi ressemble la réconciliation : une nation moderne issue d’un traité, autrefois en marge de notre économie, qui dirige maintenant un projet qui aidera à écrire le prochain chapitre d’un Canada plus fort et plus résilient »), a affirmé Eva Clayton, citée par The Globe and Mail. Avec ces mots, elle exprime le basculement d’une communauté autrefois marginalisée vers une place de leadership, où les Nisga’a deviennent co-propriétaires et stratèges dans un projet énergétique de 10 milliards de dollars.
Le projet Ksi Lisims LNG, mené en partenariat avec Western LNG et Rockies LNG, prévoit des installations flottantes de liquéfaction construites en Corée du Sud, qui entreront en service d’ici 2029 sur l’île Pearse, en territoire nisga’a. Environ 800 emplois seront créés au pic de la construction, et 250 postes permanents resteront en activité lors de l’exploitation régulière.
Un projet structurant pour la Colombie-Britannique et le Canada
Lors d’une conférence de presse à Vancouver, la présidente nisga’a était entourée du premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, qui a lui aussi souligné la portée nationale du projet. Il a rappelé que les exportations de gaz naturel liquéfié vers l’Asie sont un levier stratégique pour diversifier l’économie canadienne et bâtir une autonomie face aux États-Unis. « We are not going to stand by and let this opportunity pass us » (« Nous n’allons pas rester les bras croisés et laisser passer cette opportunité »), a-t-il insisté, rapporté par The Globe and Mail.
Avec une capacité prévue de 12 millions de tonnes par an, Ksi Lisims aspire à devenir la deuxième plus grande installation d’exportation de GNL au Canada, juste derrière LNG Canada à Kitimat. L’ambition est claire : inscrire le pays parmi les grands fournisseurs mondiaux d’énergie proprement transformée, tout en offrant aux communautés locales une véritable prospérité partagée.
La réconciliation concrétisée
Le soutien des gouvernements d’Ottawa et de Victoria témoigne aussi d’un changement d’attitude envers les projets énergétiques. Le ministre fédéral de l’Énergie, Tim Hodgson, a affirmé que « Ksi Lisims LNG is exactly the kind of development Canada’s new government is championing, advancing and approving » (« Ksi Lisims LNG est exactement le type de développement que le nouveau gouvernement du Canada soutient, fait progresser et approuve »). La ministre fédérale de l’Environnement, Julie Dabrusin, a elle aussi donné son feu vert, soulignant la coopération entre le processus provincial et l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (The Globe and Mail, Brent Jang).
Pour les Nisga’a, cette approbation ne représente pas uniquement un levier économique, mais une validation politique et sociale : la reconnaissance de leur capacité à diriger des projets industriels d’envergure, sur leur territoire, dans un cadre de partenariat égalitaire.
Un tournant pour l’avenir
La réalisation de Ksi Lisims LNG implique des investissements massifs – plus de 20 milliards de dollars si l’on inclut le pipeline Prince Rupert Gas Transmission de 750 km – mais au-delà des chiffres, il symbolise une vision : celle d’une réconciliation incarnée dans l’action et le développement.
Comme le rapporte Brent Jang dans The Globe and Mail, Eva Clayton a rappelé : « We have a lot of work still left to do. Together, we can do it because Canadians do matter. » (« Il nous reste encore beaucoup de travail à accomplir. Ensemble, nous pouvons le faire, parce que les Canadiens comptent vraiment. ») Cette phrase condense l’esprit du projet : un avenir construit ensemble, où l’énergie n’est pas seulement une ressource, mais un moteur de réconciliation, de prospérité et d’unité nationale.



