La CBC demande à ses journalistes de ne plus qualifier le 11 septembre d’attentat terroriste

Le 11 septembre 2001, dix-neuf terroristes d’Al-Qaïda ont détourné quatre avions de ligne pour les précipiter contre le World Trade Center, le Pentagone et une quatrième cible vraisemblablement située à Washington.

Ils ont assassiné 2 977 personnes, dont 24 Canadiens.

Pourtant, la CBC ordonnerait maintenant à ses journalistes de ne pas qualifier le 11-Septembre d’attentat terroriste.

Le chroniqueur Warren Kinsella affirme avoir obtenu un mémo interne vraisemblablement confidentiel signé par Basem Boshra, directeur principal des normes journalistiques et de la confiance du public à CBC News.

La directive, placée en caractères gras et en italique, serait sans équivoque :

« Ne qualifiez pas les attentats du 11 septembre d’attentats terroristes. »

Le mémo proposerait plutôt cette formulation :

« Les détournements ont mené à l’écrasement d’avions de ligne. »

Des « détournements » auraient donc « mené » à des écrasements.

Comme si les avions avaient chuté accidentellement. Comme si personne ne les avait volontairement transformés en missiles. Comme si les auteurs, leur idéologie et leur intention de terroriser la population n’avaient aucune importance.

Ce n’est pas de la neutralité journalistique. C’est une falsification du sens même de l’événement.

Un euphémisme qui efface les terroristes

Les faits ne sont ni ambigus ni contestés : Al-Qaïda a préparé une opération coordonnée afin de frapper des cibles symboliques, de massacrer des civils et de provoquer la terreur pour atteindre des objectifs politiques et religieux. C’est exactement ce qu’est un attentat terroriste.

Le National September 11 Memorial & Museum parle ouvertement de quatre attentats terroristes coordonnés commis par dix-neuf terroristes d’Al-Qaïda. Le gouvernement canadien a lui-même commémoré à plusieurs reprises les 24 Canadiens tués dans les attentats terroristes du 11-Septembre.

Même les auteurs ne prétendaient pas avoir provoqué de simples « écrasements d’avions ». Ils avaient choisi leurs cibles, appris à piloter, pris le contrôle des appareils et assassiné leurs occupants afin de transformer des avions civils en armes.

La formulation proposée par la CBC retire pourtant toute intention humaine au récit. Il ne reste qu’une série de « détournements » ayant mystérieusement « mené » à des écrasements. C’est le langage que l’on emploierait pour décrire une succession d’accidents, pas le massacre prémédité de près de 3 000 personnes.

La CBC ne dément pas

Selon Warren Kinsella dans le Toronto Sun, la CBC n’a pas nié l’existence du mémo lorsqu’il lui a demandé des explications.

Sa porte-parole Kerry Kelly a plutôt défendu la politique générale du diffuseur public, qui préfère depuis longtemps que les mots « terroriste » et « terrorisme » soient employés avec attribution.

Cette politique avait déjà provoqué une controverse après le massacre du 7 octobre 2023, lorsque la CBC avait demandé à ses journalistes de ne pas qualifier directement les membres du Hamas de terroristes.

L’ancienne présidente de CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, avait alors expliqué devant un comité parlementaire que le mot était « politiquement chargé » et que la société d’État préférait préciser que certains groupes sont considérés comme terroristes par des gouvernements. Voilà maintenant cette logique appliquée au 11 septembre…

Le résultat est grotesque.

À force de vouloir éviter un mot prétendument trop chargé, la CBC en vient à produire une description objectivement moins fidèle à la réalité. Elle traite le caractère terroriste du 11 septembre comme une opinion que le journaliste devrait attribuer à quelqu’un d’autre.

Or, il ne s’agit pas d’une opinion américaine, canadienne ou conservatrice. C’est un fait historique.

La neutralité ne commande pas de mentir.

Un média ne devient pas partisan parce qu’il appelle un meurtre un meurtre, un enlèvement un enlèvement ou un attentat terroriste un attentat terroriste. Il décrit ce qui s’est produit.

La neutralité ne consiste pas à remplacer les mots précis par des périphrases jusqu’à rendre la réalité méconnaissable. Elle ne consiste pas davantage à effacer la responsabilité des assassins pour éviter de prononcer un terme susceptible de déplaire.

La CBC est pourtant financée par les contribuables et prétend offrir un journalisme digne de la confiance du public.

Elle doit donc répondre clairement à une question très simple : le 11 septembre 2001 était-il, oui ou non, un attentat terroriste?

Si la réponse est oui, la directive doit être retirée. Si la réponse est non, la CBC devrait avoir le courage d’expliquer aux familles des 2 977 victimes ce qu’elle croit qu’il s’est produit ce jour-là.

Le public n’a pas besoin d’un diffuseur qui réécrit les faits dans une langue aseptisée pour satisfaire ses propres obsessions idéologiques.

Des terroristes ont détourné quatre avions et assassiné près de 3 000 personnes, le 11 septembre était un attentat terroriste ; toute organisation journalistique incapable d’écrire cette phrase ne mérite plus de donner des leçons de rigueur, de neutralité ou de confiance à qui que ce soit.

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