« La fin de l’abondance » : le fatalisme arrogant d’Emmanuel Macron

Après des mois à appeler les Français à se serrer la ceinture en raison de la crise énergétique, le président français en a rajouté une couche ces derniers jours en déclarant que nous vivions « la fin de l’abondance ».

En effet, prévoyant une rentrée mouvementée en raison des conséquences économiques désastreuses de la guerre en Ukraine et de la pandémie, et face à des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement, l’inflation et la diminution des débits de gaz, le président cherchait ainsi à préparer ses concitoyens à des mois difficiles.

Or loin de simplement reconnaître les causes immédiates de ces récents reculs économiques et de chercher à trouver des pistes de solutions pragmatiques, Macron a plutôt chercher à dépeindre le contexte comme un grand changement paradigmatique, une transition entre deux ères qu’il nous faudrait impérativement assumer : « Le moment que nous vivons peut sembler être structuré par une série de crises graves (…) Je crois pour ma part que ce que nous sommes en train de vivre est plutôt de l’ordre d’une grande bascule ou d’un grand bouleversement ».

En d’autres termes, les perturbations actuelles ne seraient pas le résultat des politiques des dernières années, mais une sorte de fatalité historique inévitable. Une belle façon pour un politicien de se décharger de toute responsabilité dans les crises actuelles… Et de renvoyer la faute à l’ensemble de la population en l’accusant de vivre au-dessus de ses moyens.

Une telle arrogance dans le martèlement de cette culpabilisation environnementaliste après des années aussi difficiles est franchement troublante, et donne de l’eau au moulin des théories dites « conspirationnistes » qui affirment que les leaders occidentaux ne font que mettre en application le « Great Reset ». Ce grand projet du Forum économique mondial, élaboré notamment par Klaus Schwab, avait surpris la terre entière en 2021, alors qu’on y affirmait dans des documents explicatifs « En 2030, vous ne posséderez rien et vous serez heureux ». La « fin de l’abondance » n’est, au bout du compte, qu’une variation du même thème.

Philippe Sauro-Cinq-Mars

Diplômé de science politique à l'Université Laval en 2017, Philippe Sauro Cinq-Mars a concentré ses recherches sur le post-modernisme, le populisme contemporain, la culture web et la géopolitique de l'énergie. Il est l'auteur du livre "Les imposteurs de la gauche québécoise", publié aux éditions Les Intouchables en 2018.

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