La justice au Canada : peu de compassion pour les victimes, des sentences ridicules pour les criminels

Dans une tribune publiée par le Winnipeg Free Press, Karen Reimer livre un témoignage bouleversant sur le fonctionnement de la justice criminelle canadienne, après la mort tragique de sa fille Jordyn, tuée à 24 ans par un conducteur ivre. Elle dénonce un système opaque où les mots « peine », « libération conditionnelle » ou « sortie temporaire » ne reflètent pas la réalité vécue par les familles des victimes.

Le drame remonte au 1er mai 2022. Jordyn, qui agissait comme conductrice désignée pour protéger ses amis, a perdu la vie lorsque Tyler Scott Goodman a percuté son véhicule en état d’ébriété, avant de fuir les lieux sans appeler les secours. En novembre 2023, le juge Kael McKenzie a condamné Goodman à sept ans de prison : six ans pour conduite avec facultés affaiblies causant la mort, plus un an pour délit de fuite. Le magistrat avait lui-même reconnu qu’aucune peine ne pourrait jamais refléter la valeur d’une vie humaine.

Mais comme l’explique Karen Reimer, derrière l’annonce officielle, la réalité est tout autre. En vertu des règles canadiennes, Goodman est admissible à une libération conditionnelle après seulement un tiers de sa peine. Résultat : il pourrait retrouver une liberté totale en mars 2026, soit deux ans et quatre mois après son incarcération. « Jordyn est partie pour toujours, et notre famille purge une peine à vie de chagrin. Comment 28 mois derrière les barreaux pourraient-ils être proportionnels à la gravité du crime ? », s’indigne la mère.

Elle détaille les étapes du processus : en juillet 2025, Goodman a déjà bénéficié de sorties dites « temporaires » pour un travail en communauté, huit heures par jour, cinq jours par semaine. Le 17 septembre 2025, une audience doit décider s’il peut accéder à la semi-liberté, ce qui lui permettrait de quitter la prison pour vivre dans une maison de transition 24 heures sur 24.

Pour Karen Reimer, ces termes relèvent d’un véritable jeu de langage. « La peine annoncée n’est pas la peine réelle. Les mots donnent l’illusion de justice, mais cachent une réalité bien différente », écrit-elle. Elle réclame une réforme en profondeur : à la fois des peines, qu’elle juge dérisoires dans des cas de conduite mortelle, mais aussi du vocabulaire employé, qu’elle qualifie de trompeur et de revictimisant.

« Les victimes et leurs familles n’ont pas besoin de demi-vérités. Elles méritent la transparence », conclut-elle, appelant à une réforme urgente du système de justice canadien pour restaurer la confiance et respecter la mémoire des innocents comme Jordyn.

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