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La posture verte du Québec renforce sa dépendance à l’ouest canadien

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Il est communément admis au Québec que la nationalisation de l’hydroélectricité fut essentielle à « l’émancipation » du peuple québécois. C’est d’ailleurs universel : l’indépendance énergétique est essentielle à la stabilité économique et politique d’un pays. Or, on oublie souvent que plus de la moitié (55%) de l’énergie que nous consommons est importée, et qu’au total, l’hydroélectricité québécoise ne représente que 31% de notre consommation énergétique. Ainsi, notre économie et notre rythme de vie sont soutenus à 53% par des produits pétroliers raffinés que nous refusons de produire et qui viennent pour une bonne part de l’Alberta, ce qui augmente considérablement notre dépendance.

Ce ne sont donc pas seulement les transferts fédéraux de péréquation, si souvent débattus, qui consolident ce rapport de dépendance du Québec vis-à-vis de l’Alberta; nos échanges commerciaux, notamment dans le secteur de l’énergie, sont tout aussi déterminants. Ils ont d’ailleurs fait l’objet d’une étude publiée cette semaine par le Canadian Energy Center.

On y apprend que malgré que le Québec ne produise pas d’hydrocarbures lui-même, il est la deuxième province qui en nécessite le plus, à 20% de la demande canadienne. Les installations sur son territoire représentent 20 145 emplois (à salaire élevé) et la ressource contribue à ajouter plus de 1,9 milliard de dollars au PIB nominal, sans compter les externalités positives qu’on évalue à une hauteur de 3,7 milliards!

Du côté des exportations, l’Alberta est notre 3ième plus grand marché et, à 10,1% du total de nos exportations, représente au-delà de 10 milliards de dollars par année. En comparaison, nos exportations vers la Chine, qui vient tout de suite après l’Alberta dans le classement, ne sont que de 3,3 milliards de dollars.

Bref, en dehors de la péréquation, l’Alberta contribue d’une manière significative à l’économie québécoise, tant de manière directe qu’indirecte.

Il est donc curieux que le Québec, si fier de sa volonté d’autonomie à l’égard du Canada anglais, soit si réticent à développer sa propre filière du gaz. On a trouvé sur son territoire des sources qui pourraient l’approvisionner pour 100 ans, mais au lieu de ça, son gouvernement a décidé de bannir toute exploitation, lui valant des poursuites à hauteur de 18 milliards par les compagnies ayant investi dans la prospection et le développement.

D’autant plus que sa sécurité électrique est de plus en plus compromise. On apprenait cette année que 2027 sonnerait la fin des surplus d’Hydro-Québec et qu’il faudrait bâtir des barrages de toute urgence pour répondre aux éventuelles pénuries. Ce sera aussi la fin de l’entente de Churchill Falls en 2041; nous ne pourrons plus compter sur l’exclusivité et les prix préférentiels que Terre-Neuve-et-Labrador nous offraient jusque-là. Dans le même temps, on tente de forcer l’entièreté de l’économie à se tourner vers l’électrique…

Cette convergence de nouvelles inquiétantes pour l’avenir énergétique du Québec a forcé le gouvernement Legault à mettre en place un « super-ministre » en la personne de Pierre Fitzgibbon qui devra veiller aux réformes et aux développements nécessaires pour éviter le naufrage.

Les prochaines années seront donc déterminantes. S’il ne prend pas au sérieux ses besoins énormes en hydrocarbures, le Québec, déjà fortement dépendant de l’Alberta, pourrait le devenir davantage. En cas de crise – une éventualité très possible considérant que les réseaux de pipelines canadiens sont à pleine capacité – il ne pourra pas recevoir de gaz de l’étranger puisqu’il a bloqué tout projet de port méthanier. Il ne pourra alors qu’attendre à être sauvé par l’ouest canadien, en faisant écoper son économie d’une manière particulièrement dramatique.

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