L’affaire Hockey Canada, ou le retour du balancier contre les excès du mouvement MeToo

Dans un article publié dans le National Post le 25 juillet 2025, la chroniqueuse Terry Newman revient sur le verdict très attendu du procès pour agression sexuelle impliquant cinq anciens joueurs de l’équipe junior canadienne de hockey. Pour Newman, cette décision judiciaire ne marque pas une simple fin de procès, mais un véritable point de bascule dans la manière dont la société canadienne aborde les questions de consentement, de preuve et de justice à l’ère post-MeToo.

Le jugement rendu par la juge Maria Carroccia à London (Ontario) a débouché sur l’acquittement des cinq accusés : Michael McLeod, Carter Hart, Alex Formenton, Dillon Dubé et Cal Foote. Mais plus encore, la juge a conclu que la plaignante, désignée par les initiales E.M., avait bel et bien consenti à l’acte sexuel, et ce sans que ce consentement ait été vicié par la peur.

Terry Newman souligne que la juge a remis en cause la crédibilité du témoignage d’E.M., notant de nombreuses contradictions entre ses déclarations initiales faites à la police en 2018 et les éléments avancés dans sa poursuite civile déposée en 2022. Ainsi, la peur alléguée ne fut évoquée que dans le contexte civil, et non dans son témoignage initial, ce qui a nourri le scepticisme du tribunal.

Les vidéos montrées à la cour, dans lesquelles E.M. disait explicitement que tout était « consensuel », ont pesé lourd dans la balance. Selon Newman, ces éléments ont mis à mal l’argumentaire du ministère public, dont l’accusation reposait presque entièrement sur la parole de la plaignante.

La juge a également estimé que la plaignante avait amplifié son état d’ébriété pour expliquer certains comportements ou justifier des incohérences. Aucun témoignage, ni preuve matérielle, ne permettait de conclure que la plaignante avait été retenue contre son gré, ni qu’elle avait été intimidée ou contrainte.

Terry Newman rappelle que cette affaire a duré sept ans, marqué par un règlement confidentiel signé par Hockey Canada, deux jurys rejetés et une médiatisation intense. Pourtant, malgré la gravité des accusations, aucune preuve concrète n’a permis de soutenir l’hypothèse d’une agression. La juge a estimé que le comportement d’E.M. ne correspondait pas à celui d’une victime d’agression, notamment au vu des témoignages selon lesquels elle était calme, volontaire et même à l’initiative de certaines actions.

Newman met aussi en lumière la stigmatisation de la défense, en particulier celle de l’avocate Megan Savard, critiquée pour avoir osé représenter un homme accusé d’agression, alors même qu’elle est une femme. Selon la chroniqueuse, cela démontre jusqu’où le débat a été corrompu par l’idéologie : la loyauté à un camp serait désormais plus importante que la rigueur juridique.

Pour illustrer la complexité de ces cas, Newman évoque des données issues du site Pornhub et de recherches universitaires sur la sexualité, qui montrent l’augmentation de la consommation de contenus de groupe sexuel chez les femmes, contrastant avec les tabous persistants entourant ces pratiques. Ces contrastes sociaux et culturels, combinés à un manque de communication, peuvent mener à des situations ambiguës où le ressenti postérieur diverge de l’intention initiale.

Enfin, la chronique souligne que si les comportements des joueurs peuvent être jugés immoraux ou discutables sur le plan éthique, cela ne signifie pas pour autant qu’ils relèvent du code criminel. Comme l’a affirmé le professeur de droit Brandon Trask, « déterminer si quelque chose est criminel est différent de déterminer si c’est bien ou mal ».

Selon Terry Newman, ce procès doit servir de mise en garde : dans notre désir légitime de croire les victimes et de lutter contre les agressions, nous ne devons pas sacrifier les principes fondamentaux du droit, dont la présomption d’innocence.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine