En cette fin d’été ensoleillée, cela fait désormais 24 ans que l’attaque planifiée par l’organisation terroriste Al-Qaïda, dirigée par Oussama Ben Laden, a frappé le cœur économique des États-Unis. Les tours jumelles du World Trade Center ont été atteintes par des avions détournés par des pirates de l’air entraînés au pilotage. Elles se sont effondrées, laissant le monde dans une horreur qui marque encore jusqu’à aujourd’hui. En quoi notre monde a-t-il changé durant ce qui devait être une belle journée à profiter du beau temps ?
Le 11 septembre 2001 a marqué à jamais ceux ayant suivi les événements à la télévision, durant l’âge d’or des chaînes d’information en continu. Le Québec n’a pas fait exception : combien de parents sont-ils à avoir observé avec effroi la fin de la certitude que l’histoire était bel et bien terminée ? Que l’on pouvait également être atteint par le terrorisme, jusqu’alors une réalité lointaine dans des pays au bout du monde.
Les enfants ont aussi été marqués par cette tragédie, qui fut parfois la première à laquelle ils ont été confrontés par le biais des écrans. Pour plusieurs, ce fut le premier contact avec le monde arabe, tandis qu’Hollywood fit du cinéma une véritable industrie de guerre au service du patriotisme américain.
Mais les pires conséquences furent militaires et sécuritaires. Avant le 11 septembre 2001, un enfant pouvait aller voir les pilotes dans le cockpit. Un voyage en avion ressemblait quasiment à un tour en autobus scolaire volant. Les mesures de sécurité étaient plus flexibles. On se souciait beaucoup moins de la sécurité, du contrôle des passeports, car le terrorisme, pour les Occidentaux, était cantonné aux films d’action avec Bruce Willis.
Après l’attaque contre le World Trade Center, celle sur le Pentagone, et celle ratée visant la Maison-Blanche, les organisateurs ne pouvaient demeurer impunis. George W. Bush alla de l’avant dans une intervention controversée en Afghanistan, visant à renverser le régime des Talibans, qui avaient donné l’asile à Oussama Ben Laden et à son organisation. L’occupation du pays dura 20 ans, jusqu’à ce que les Talibans reprennent le pouvoir dans une guerre d’usure intenable pour une armée régulière.
Mais c’est surtout le fiasco de l’Irak, où le gouvernement Bush agit de manière unilatérale, attaquant un pays n’ayant rien à voir avec Ben Laden, que le torchon brûla le plus intensément. On se souvient des fausses fioles d’anthrax, des mensonges sur les armes de destruction massive. Cela nuisit durablement à la crédibilité des États-Unis comme acteur dominant de la scène internationale, réputation ternie au point qu’elle ne s’en remit jamais.
Aujourd’hui, nous continuons à subir les conséquences du 11 septembre 2001 : contrôles stricts dans les aéroports, prolifération du terrorisme ayant germé dans le chaos de l’intervention américaine en Irak, un gouvernement américain suscitant la méfiance non seulement des pays du Sud et des puissances révisionnistes, mais également d’une population méfiante face aux médias et aux manœuvres politiques. Finalement, ce fut également la première grande théorie du complot à proliférer sur Internet, faisant naître un monde où celles-ci se multiplient désormais.



