Le commissaire de la GRC appelle à « bâtir des relations » avec l’Inde, malgré les accusations d’ingérence

Le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Mike Duheme, a déclaré qu’il était « important de bâtir des relations avec l’Inde », même alors que ce pays continue de rejeter les accusations canadiennes le liant à des homicides et à des extorsions commis sur le sol canadien.

Interrogé jeudi à Ottawa sur la possibilité que la GRC ait reçu de nouvelles preuves de la part de l’Inde dans ces dossiers sensibles, Duheme a esquivé la question, se contentant d’affirmer que « le dossier suit son cours devant les tribunaux ». Il a néanmoins insisté sur la nécessité de maintenir un dialogue actif avec New Delhi : « Il est important de bâtir des relations avec l’Inde. »

Stephanie Ha de CTV News rapporte que le commissaire s’est rendu en Inde en septembre, accompagné de la conseillère à la sécurité nationale et au renseignement Nathalie Drouin, afin de rencontrer son homologue indien. Selon un communiqué officiel, cette visite a permis d’aborder les « préoccupations de sécurité respectives ». Duheme a ajouté : « Nous voulons tous les mêmes choses. L’Inde fait face à des actes terroristes sur son territoire, et nous voulons collaborer pour identifier les personnes clés derrière ces menaces. »

Ces déclarations surviennent peu après les propos du nouveau haut-commissaire de l’Inde au Canada, Dinesh Kumar Patnaik, qui a qualifié d’« absurdes » et de « sans fondement » les allégations canadiennes selon lesquelles des diplomates indiens auraient participé à des crimes graves, y compris des meurtres, au Canada.

Comme le rappelle Ha, les relations entre Ottawa et New Delhi sont tendues depuis 2023, lorsque l’ancien premier ministre Justin Trudeau avait évoqué l’existence d’« allégations crédibles » liant des agents du gouvernement indien à l’assassinat du militant sikh canadien Hardeep Singh Nijjar. En 2024, la GRC et le gouvernement fédéral ont ensuite accusé certains diplomates indiens de mener des activités clandestines liées à des homicides et à des extorsions, ce qui a mené à l’expulsion réciproque de six diplomates de chaque côté.

L’Inde nie toujours toute implication et, selon Stephanie Ha, Ottawa soutient que New Delhi refuse de coopérer pleinement à l’enquête. Pourtant, la situation semble évoluer dans un contexte international transformé par la guerre commerciale menée par le président américain Donald Trump. Les relations bilatérales se sont améliorées publiquement ces derniers mois.

Jeff Nankivell, président-directeur général de la Asia Pacific Foundation of Canada, estime que les deux gouvernements devront « travailler ensemble pour aller de l’avant ». Dans cette optique, le premier ministre Mark Carney a invité son homologue indien Narendra Modi au prochain sommet du G7, prévu à Kananaskis, en Alberta. La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a également rencontré Modi en Inde la semaine dernière ; une déclaration conjointe a suivi, soulignant la volonté mutuelle d’accroître les échanges commerciaux.

En juin dernier déjà, rappelle Ha, Mike Duheme avait décrit les discussions avec les autorités indiennes comme « bonnes » dans une entrevue à l’émission Power Play de CTV. Mais du côté indien, Dinesh Patnaik a reconnu récemment sur Question Period que les deux pays étaient encore « en train de rebâtir la relation », tout en réaffirmant que l’Inde « attend toujours la présentation de preuves concrètes ».

À Ottawa, Duheme a refusé de préciser si la GRC avait transmis des éléments de preuve à New Delhi. CTV News a contacté la Gendarmerie royale du Canada pour obtenir un commentaire officiel à ce sujet, mais n’avait pas encore reçu de réponse au moment de la publication.

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