Christian Rioux était une bouffée d’air frais dans un journal progressivement devenu une feuille de chou digne d’un travail de cégepiens. Il écrivait sur ce qu’il voyait à Paris, et il parlait aussi beaucoup de nous, au Québec. Malheureusement, il aura été remercié après des années de bons et loyaux services. Pendant ce temps, la gauche radicale, dans sa version « woke » et inclusive, jubile. Une défaite pour la liberté d’expression ?
Le célèbre chroniqueur du Devoir n’y allait pas de main morte. Par exemple, lors de la mort de George Floyd, il faisait le lien entre la culture du ghetto noir américain, qui n’a pas grand-chose de bon, même pour les principaux intéressés, et la diaspora haïtienne au Québec, ainsi que celle d’Afrique en France. Pendant longtemps, l’image qu’on a eue d’Haïti était celle des artistes, notamment des peintres naïfs, mais aussi des poètes et des penseurs de la décolonisation.
Mais Rioux a osé s’interroger sur la culture du rap anglo-américaine dans les quartiers difficiles, et sur la façon dont cela entraînait dans les abysses une partie des jeunes Noirs vivant au Québec ou en France. Cela n’a jamais été pardonné par une certaine gauche. Alexandre Boulerice, l’infatigable militant de la bien-pensance, appellera au boycott du journal Le Devoir. Son appel sera suivi par d’autres députés, notamment chez Québec solidaire.
Un livre sortira même sur l’affaire Christian Rioux aux éditions Lux. Jean-Pierre Le Glaunec écrira un livre au titre démagogique : Une arme blanche. La mort de George Floyd et les usages de l’histoire dans le discours néoconservateur. Bref, Christian Rioux s’était fait de nombreux ennemis en osant briser un tabou sur une culture rap particulièrement criminogène.
Cela n’a pas empêché Maïka Sondarjee et Émilie Nicolas de continuer leur carrière au journal. Au contraire, cette gauche fédéraliste assumée se fera le chantre du wokisme dans ce qui était jadis le journal des Canadiens français, du nationalisme et des combats pour la culture. Jonathan Durand-Folco, un militant de cette mouvance de gauche fédéraliste libérale, se réjouira sur sa page Facebook du renvoi de Christian Rioux.
Montréal Antifasciste, la page Facebook qui brise des réputations et des vies, ira à son tour d’un commentaire acerbe pour se réjouir du malheur d’un chroniqueur qui n’allait pas dans le sens de leurs opinions radicales. On souhaite à Christian Rioux de trouver une nouvelle tribune, d’où il pourra continuer de déranger cette clique qui n’est pas au gouvernement, mais qui dirige l’école, l’université, la culture et de nombreux médias.



