Le drame de Tumbler Ridge soulève des questions sur l’idéologie queer

Un jeune de 18 ans a été désigné comme principal suspect d’une fusillade survenue à Tumbler Ridge dans le nord-est de la Colombie-Britannique, près de la frontière albertaine, qui a fait huit morts et au moins vingt-cinq blessés – certains médias font état de neuf décès.

Six victimes ont perdu la vie et au moins 25 personnes ont été blessées à l’école secondaire de Tumbler Ridge. Deux autres personnes ont été découvertes sans vie dans une maison voisine: la mère du suspect, âgée de 39 ans, et son demi-frère de 11 ans.

La police a indiqué que l’auteur de la fusillade, Jesse Van Rootselaar, était de sexe masculin à la naissance, mais s’identifiait comme femme transgenre. La GRC présente l’assaillant au féminin dans ses communications. Rootselaar a été retrouvé sans vie sur les lieux, atteint d’une blessure par arme à feu auto-infligée. Les raisons de l’attaque demeurent inconnues pour l’instant.

La police de Tumbler Ridge a précisé que Jesse Van Rootselaar s’identifiait « personnellement et publiquement » comme femme depuis une transition de genre amorcée il y a six ans – soit à l’âge de 12 ans.

Traitement médiatique

Le traitement médiatique vaut la peine d’être commenté. Radio Canada rapporte: « L’identité de la suspecte connue – La suspecte dans cette affaire a été identifiée comme Jesse Van Rootselaar, 18 ans. Selon les premières informations dévoilées par la police, elle a agi seule et des problèmes de santé mentale pourraient être en cause ». À TVA on dit: « L’identité de la suspecte révélée »; au Journal de Montréal : « Deux corps ont aussi été trouvés dans la résidence de la tireuse alléguée, Jesse Van Rotselaar »; Le Devoir : « La GRC révèle l’identité de la tireuse de Tumbler Ridge »; et dans La Presse : « Jesse Van Rootselaar, 18 ans, résidante de Tumbler Ridge ».

La soumission des médias à la novlangue néo-progressiste est uniforme : aucun média n’a choisi de désigner Jesse Van Rootselaar au masculin. Pourtant, les lois canadiennes n’imposent pas aux médias (ou à quiconque) d’utiliser les pronoms relatifs à l’identité de genre revendiqués par une personne. Particulièrement dans les contextes criminels ou factuels, comme le reportage sur un suspect ou un crime.

Le projet de loi C-16 (2017) a ajouté l’« identité de genre » et « l’expression de genre » aux motifs de discrimination interdits dans la Loi canadienne sur les droits de la personne (LCDP) et au Code criminel (pour les discours haineux). Cependant, cela ne force pas l’usage de pronoms spécifiques dans le discours général ou médiatique. Les experts juridiques (comme Brenda Cossman, professeure à l’Université de Toronto) confirment que le simple « mauvais usage » de pronoms ne constitue pas un crime, ni une incitation à la haine, à moins d’être accompagné d’éléments extrêmes (comme la promotion de génocide ou l’incitation à la violence). Les médias choisissent d’obtempérer : ils ne risqueraient rien.

Débat politique

Comme on l’observe suite à tous les drames de ce type, chaque camp cherche à présenter la nouvelle sous l’angle qui conforte ses positions, ou qui l’avantage politiquement. Par exemple, les partisans du durcissement des règles sur les armes à feu réclament un resserrement du contrôle.

Suite à la fusillade de Tumbler Ridge, des internautes critiques du mouvement LGBTQ+ ont fait remarquer la prévalence de tireurs transgenre dans ce type d’événements :

-Snochia Moseley, qui s’identifiait comme femme trans, responsable de la tuerie de l’entrepôt Rite Aid à Aberdeen, au Maryland en 2018. La fusillade à fait 4 morts, dont l’assaillant.

-Maya McKinney, qui se faisait appeler Alec, co-auteure de la fusillade dans une école de Highlands Ranch, au Colorado en 2019. Bilan : 1 mort et 8 blessés.

-Audrey Hale, responsable de la fusillade à l’école primaire Covenant à Nashville au Tennessee, en mars 2023, où six personnes ont été tuées, dont 3 enfants. Hale, de sexe féminin et qui s’identifiait comme homme trans avait fréquenté l’école ciblée dans son enfance.

-Robin Westman, personne transgenre de sexe masculin, qui a perpétré la fusillade à l’Annunciation Catholic School de Minneapolis, tuant deux enfants et en blessant 21 autres personnes.

-Anderson Lee Aldrich, le tireur au Club Q à Colorado Springs, qui a fait 5 morts en 2022, déclaré non-binaire selon son avocat. Bien que son identité non-binaire soit contestée par certains, elle a été rapportée officiellement.

-Tyler Robinson, le suspect officiellement accusé d’avoir tué Charlie Kirk à l’université de l’Utah en 2025. Il ne s’identifiait pas lui-même comme transgenre, mais son colocataire ou partenaire a été décrit comme étant une personne transgenre en transition. Certains médias ont rapporté que des inscriptions liées à des idées pro‑trans et antifascistes avaient été trouvées sur des cartouches d’armes – deux éléments qui suggèrent une proximité à la cause trans.

Si on considère les 15 fusillades de masse à impact médiatique similaire survenus dans les dix dernières années, on remarque que les tireurs qui s’identifient comme trans sont surreprésentés. Elles comptent pour environ 1% de la population, mais pour environ un quart des tireurs de fusillades à forte couverture médiatique.

L’idéologie queer attirerait-elle des individus instables?

La notion d’identité de genre telle que présentée dans le militantisme LGBTQ+ ne réfère à aucune réalité objective observable empiriquement. Est considéré transgenre tout individu qui s’auto-diagnostique, ou s’identifie comme tel. En ce sens, l’appartenance au transgenrisme s’apparente davantage à une allégeance idéologique qu’à la manifestation clinique qu’est la dysphorie du genre.

La mouvance trans-activiste et « l’idéologie queer » attire (ou sollicite) essentiellement de jeunes ou très jeunes personnes – souvent à un âge où surviennent des changements hormonaux majeurs. Il n’est pas anormal, à l’adolescence, que le rapport à soi soit instable et que l’image corporelle ou sociale fasse l’objet de questionnements. Cette période de remaniement hormonal et neuro-émotionnel peut d’ailleurs s’étendre jusqu’au début ou milieu de la vingtaine.

Cette idéologie favorise une auto-interprétation de tout malaise ressenti comme relevant du genre – terme épicentral qu’elle ne parvient pourtant jamais à définir clairement. Les malaises ordinaires (comme l’anxiété, l’inconfort corporel et le sentiment de décalage) sont considérés comme des indices d’une identité de genre réprimée.

Elle fournit en même temps une grille d’interprétation du monde qui incite ces individus à se percevoir comme appartenant à un groupe opprimé. Cette lecture favorise une construction identitaire fondée sur le statut de victime, donnant un sens politique à des souffrances intimes et renforçant l’idée d’une opposition entre un « nous » marginalisé et un « eux » perçu comme dominant ou hostile. Cette logique encourage une rupture relationnelle avec un entourage jugé insuffisamment validant, qu’il s’agisse de la famille ou de la société dans son ensemble.

Les personnes dont l’identité de genre ne correspond pas au sexe « assigné à la naissance* » sont encouragées à entreprendre des thérapies de transition qui impliquent la prise de bloqueurs de puberté et d’hormones sexuelles (œstrogènes, testostérone) – *glissement lexical militant : le sexe n’est pas « assigné », on le constate.

Ces hormones modifient non seulement le corps, mais certains circuits neurologiques. Leurs impacts peuvent durer jusqu’à ce que la maturation endocrinienne et cérébrale se stabilise, souvent autour de 24–25 ans. Les bloqueurs, qui suspendent temporairement le développement pubertaire naturel, peuvent également influencer les fluctuations hormonales et émotionnelles propres à l’adolescence. L’administration de bloqueurs de puberté et d’hormones aux adolescents trans-identifiés s’est surtout généralisée à partir du milieu des années 2010. On dispose encore de peu de recul pour évaluer pleinement leurs impacts.

Il serait intéressant de savoir en quoi consistait la transition de genre de Jesse Van Rootselaar, amorcée dès l’âge de 12 ans. Au Canada (et en Colombie-Britannique), les bloqueurs de puberté peuvent être prescrits dès le début de la puberté. La thérapie hormonale est généralement accessible à partir de 14-16 ans. Peut-on parler de consentement libre et éclairé?

Un point crucial sur lequel méditer: ce ne sont pas nécessairement les individus qui se questionnent sur leur identité de genre (ou qui sont encouragés à se questionner) qui sont instables à la base. Le carcan idéologique et militant dans lequel ils sont immergés peut favoriser, voire produire, l’instabilité. Il s’agit de préoccupations légitimes qui ne peuvent pas être réfutées à coups d’accusations de transphobie.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine