Le fantôme d’Epstein continue de hanter Washington et d’ébranler la politique américaine

Un article signé par Scott Wong, Melanie Zanona, Kyle Stewart et Erik Ortiz, publié par NBC News le 3 septembre 2025, met en lumière une conférence de presse bouleversante organisée au Capitole, où plusieurs victimes de Jeffrey Epstein et de Ghislaine Maxwell ont exigé du Congrès américain la divulgation complète des dossiers de l’enquête du Département de la Justice.

Les journalistes expliquent que Marina Lacerda, connue jusque-là sous l’appellation « Minor Victim 1 » dans l’acte d’accusation fédéral de 2019, a pris la parole pour la première fois en public. Elle a raconté avoir été recrutée alors qu’elle n’avait que 14 ans, travaillant déjà pour subvenir aux besoins de sa famille, avant que ce qui semblait une opportunité devienne, selon ses mots, « le pire cauchemar ».

Scott Wong et ses collègues rapportent aussi le témoignage d’Annie Farmer, agressée en 1996 alors qu’elle n’avait que 16 ans, après avoir été invitée avec sa sœur Maria dans la propriété d’Epstein au Nouveau-Mexique. Annie Farmer a rappelé que les faits avaient été signalés aux autorités à l’époque, sans qu’une enquête sérieuse ne suive, ce qui a permis à Epstein et son entourage de continuer leurs abus pendant des décennies.

Derrière les survivantes se tenaient de nombreuses victimes et militants, brandissant des pancartes portant des slogans comme « Release the Files » ou encore « He is on the List ». Cinq femmes formaient ensemble le mot « SHAME ».

Les auteurs de l’article soulignent que la conférence avait été organisée par les représentants Thomas Massie (républicain du Kentucky) et Ro Khanna (démocrate de Californie), qui mènent une campagne bipartisane pour contraindre la Chambre des représentants à voter sur une résolution visant à forcer la publication de tous les documents liés à l’affaire. À ce jour, 134 élus ont signé la pétition, dont 130 démocrates et seulement quatre républicains, mais Massie et Khanna estiment être à deux signatures près de la majorité nécessaire de 218.

Les journalistes notent que les accusatrices menacent de dresser elles-mêmes une « liste de noms » si le Congrès refuse de rendre publics les dossiers. Lisa Phillips, victime ayant été emmenée sur l’île d’Epstein, a affirmé : « Ensemble, nous compilerons confidentiellement les noms que nous connaissons. » Haley Robson, quant à elle, a ajouté : « Nous sommes les clés. Nous connaissons les joueurs. »

Chauntae Davies a rappelé qu’Epstein et Maxwell se vantaient régulièrement de leurs liens avec des personnalités influentes, citant notamment Donald Trump. Selon elle, un portrait encadré de l’ex-président trônait sur le bureau d’Epstein. Trump, de son côté, a qualifié la demande de publication des dossiers de « supercherie démocrate » et son entourage tente de dissuader les républicains de se joindre à la pétition.

Les auteurs rapportent que la Maison-Blanche considère ce vote comme un « acte hostile » à l’administration Trump, tandis que le président de la Chambre, Mike Johnson, préfère se reposer sur l’enquête en cours du comité de surveillance. Ce dernier a déjà publié plus de 33 000 pages de documents, mais la plupart avaient déjà été rendus publics dans des procédures judiciaires.

Enfin, l’article cite Sky Roberts, frère de Virginia Roberts Giuffre – l’une des plus célèbres accusatrices d’Epstein, décédée par suicide en avril 2025 – qui a rappelé : « Le système judiciaire n’a pas été conçu pour protéger les puissants, mais pour protéger le peuple. » Theresa Helm, autre victime, a directement interpellé Maxwell : « Vous appartenez à ce système carcéral que vous méritez. »

Ainsi, l’article de Scott Wong, Melanie Zanona, Kyle Stewart et Erik Ortiz illustre un bras de fer entre victimes en quête de vérité et institutions politiques soucieuses de préserver certains équilibres, au risque de prolonger un sentiment d’injustice.

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