Le NPD se cherche un nouveau chef : ce que l’on sait des candidats actuels

Le Toronto Star, sous la plume du journaliste Mark Ramzy, révèle que la députée néo-démocrate Heather McPherson et l’activiste de Vancouver Avi Lewis s’apprêtent à officialiser leur candidature à la direction du Nouveau Parti démocratique du Canada (NPD). Cette course, qui doit désigner un successeur à Jagmeet Singh lors du congrès prévu le 29 mars 2026 à Winnipeg, s’annonce cruciale pour l’avenir d’un parti fragilisé par sa débâcle électorale d’avril dernier.

Selon Mark Ramzy, les deux figures ont déjà soumis leur intention de se présenter et leurs équipes recueillent actuellement les signatures nécessaires pour valider leur candidature. Bien qu’aucun des deux n’ait confirmé publiquement leur entrée officielle dans la course, leurs démarches montrent qu’ils se préparent activement.

Heather McPherson, élue à Edmonton en 2019, est devenue l’une des voix les plus connues du NPD dans les Prairies. Issue d’une famille liée au secteur pétrolier et gazier, elle adopte une approche plus nuancée que certains de ses collègues quant à l’avenir des énergies fossiles, même si elle s’oppose fermement au charbon. Elle s’est particulièrement démarquée au cours des deux dernières années comme critique du NPD en matière d’affaires étrangères. Mark Ramzy rappelle qu’elle a plaidé pour une position plus ferme du Canada à l’égard d’Israël dans la guerre de Gaza et pour la reconnaissance d’un État palestinien. Dans une entrevue récente au Toronto Star, McPherson a insisté sur la nécessité pour le NPD d’élargir sa base : « Plus de gens doivent être accueillis, plus de gens doivent se reconnaître dans un mouvement progressiste », affirme-t-elle. Elle estime aussi que le parti a échoué à se connecter avec la population, malgré un programme solide, notamment lors de la crise commerciale avec les États-Unis.

Avi Lewis, quant à lui, est issu d’une lignée bien connue dans l’histoire du NPD : il est le fils de Stephen Lewis, ancien chef du parti en Ontario, et le petit-fils de David Lewis, chef fédéral du NPD dans les années 1970. Militant écologiste et cinéaste, il est aussi reconnu pour avoir co-rédigé avec son épouse Naomi Klein The Leap Manifesto en 2015, un document qui esquissait une transition radicale du Canada au-delà des combustibles fossiles, en lien avec la justice sociale et les droits autochtones. Bien qu’il n’ait jamais été élu, il s’est présenté à deux reprises comme candidat. Interrogé par Mark Ramzy, Avi Lewis explique qu’il prône une approche populiste axée sur l’abordabilité : contrôle national des loyers, épiceries publiques à but non lucratif, et investissements massifs dans les services publics. « Le chemin est grand ouvert pour le NPD », dit-il, voyant dans la collaboration entre libéraux et conservateurs un espace pour incarner une véritable alternative.

La course, écrit Mark Ramzy, s’annonce d’autant plus stratégique que le NPD ne compte plus que sept sièges aux Communes, son pire résultat historique. Le départ de Jagmeet Singh a mis en lumière des fractures internes et des difficultés financières importantes pour le parti.

En plus de McPherson et Lewis, d’autres candidatures émergent. L’activiste montréalais Yves Engler s’est déclaré sur une plateforme anti-militariste et anticapitaliste. L’Ontarien Tony McQuail, agriculteur et ancien candidat néo-démocrate, a également annoncé ses intentions. Des rumeurs circulent aussi autour de Rob Ashton, président du syndicat International Longshore and Warehouse Union Canada, et de Tanille Johnston, conseillère municipale à Campbell River et candidate malheureuse lors du dernier scrutin fédéral.

Cette diversité de profils pourrait donner lieu à un débat idéologique intense sur l’avenir du NPD : faut-il privilégier l’enracinement syndical et ouvrier, l’élargissement vers les classes moyennes et les provinces de l’Ouest, ou un repositionnement radical sur l’écologie et la justice sociale ?

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