Le Parlement des Pays-Bas a adopté jeudi une motion présentée par Geert Wilders, chef du Parti pour la liberté (PVV), demandant au gouvernement de reconnaître Antifa comme organisation terroriste. La décision s’inscrit dans le sillage des États-Unis, où le président Donald Trump a annoncé la veille qu’Antifa serait désormais désigné comme « grande organisation terroriste », à la suite de l’assassinat de l’activiste conservateur Charlie Kirk.
Une motion adoptée par la Chambre
Dans son texte, Geert Wilders constate que des cellules Antifa sont actives aux Pays-Bas et qu’elles se livrent à diverses pratiques violentes : menaces contre les politiciens, perturbation de réunions publiques, intimidations visant étudiants et journalistes. La motion, soutenue également par le Forum pour la démocratie (FVD), demande explicitement au gouvernement de suivre l’exemple américain et de désigner Antifa comme une organisation terroriste.
Wilders s’en est félicité sur les réseaux sociaux, écrivant : « ANTIFA ORGANISTATIE TERRORISTISCHE! MOTIE FVD/PVV AANGENOMEN! » (« Antifa organisation terroriste ! Motion FVD/PVV adoptée ! ») accompagné d’un pouce levé.
ANTIFA TERRORISTISCHE ORGANISATIE!
— Geert Wilders (@geertwilderspvv) September 18, 2025
MOTIE FVD/PVV AANGENOMEN! 👍#algemenebeschouwingen #APB25 pic.twitter.com/KMMktH8Ea6
Des conséquences potentielles importantes
L’adoption de la motion ne signifie pas encore que la classification d’Antifa comme organisation terroriste est effective. Il appartient désormais au gouvernement de se prononcer et de décider si la demande parlementaire sera suivie d’effet. Si tel était le cas, les conséquences pourraient être considérables. Une telle désignation offrirait aux services de sécurité des moyens accrus, en élargissant leurs prérogatives de surveillance, en facilitant les arrestations préventives et en permettant des poursuites judiciaires fondées sur l’appartenance à un groupe reconnu comme terroriste.
Au-delà des aspects techniques, l’impact serait également politique. En se plaçant dans le sillage de Washington, La Haye enverrait un signal clair : celui que la violence politique et l’intimidation, même lorsqu’elles se réclament d’une idéologie dite « antifasciste », ne sauraient être tolérées dans une démocratie. Cette reconnaissance officielle marquerait une rupture dans la manière dont les autorités néerlandaises perçoivent Antifa, passant d’un mouvement militant à une menace sécuritaire de premier ordre.
Une structure souple mais identifiable
Certains commentateurs avancent qu’Antifa ne serait pas une organisation au sens strict mais un ensemble diffus de collectifs militants. Or, la décentralisation est précisément devenue le mode opératoire de nombreux groupes violents ou terroristes, qui utilisent des cellules locales pour éviter la détection tout en poursuivant un agenda commun.
Antifa, malgré cette souplesse, s’appuie sur des symboles largement partagés – drapeau, slogans, codes visuels – et sur des structures locales visibles, qu’il s’agisse de pages officielles, de réseaux militants ou d’événements coordonnés. Ce socle identitaire commun contribue à forger une cohérence d’action, renforçant l’idée que le mouvement peut être appréhendé comme une entité organisée, surtout lorsqu’il recourt à la violence, à l’intimidation et à la perturbation de la vie démocratique.
Vers une réponse gouvernementale
Le gouvernement néerlandais doit maintenant indiquer s’il entend suivre la motion. Le débat à venir portera sans doute sur la mise en œuvre : définition juridique, moyens alloués aux services de sécurité, articulation avec le droit européen.
Pour Geert Wilders et ses alliés, l’essentiel est acquis : la reconnaissance parlementaire qu’Antifa n’est pas un simple courant militant, mais une menace pour la démocratie et l’ordre public. En cela, le vote du Parlement néerlandais reflète une tendance internationale à considérer Antifa comme un acteur violent et structuré, malgré le vernis d’un mouvement « sans leader ».



