D’après un article de Michael Taube publié dans le National Post le 18 juillet 2025
Dans une chronique publiée dans le National Post, Michael Taube défend vigoureusement la proposition de Pierre Poilievre d’imposer un plafond strict sur l’immigration au Canada. Selon lui, le chef conservateur comprend mieux que les libéraux les répercussions profondes d’un afflux migratoire excessif, et il offre enfin une solution réaliste à une crise qui étouffe le pays.
Michael Taube explique que Poilievre a dévoilé, dès juin, une nouvelle orientation pour son parti : limiter drastiquement la croissance de la population. Lors d’une conférence de presse, il déclarait : « La population a crû de façon incontrôlable, nos frontières sont grandes ouvertes. Cela a entraîné une libre circulation de drogues, de migrations illégales, de traite humaine et bien pire. »
À Ottawa, cette semaine, interrogé par Global News, Poilievre a précisé : « Nous devons imposer des plafonds très stricts sur l’immigration. Il faut que, pour les prochaines années, plus de gens quittent le pays qu’il n’en entre… afin de permettre au Canada de rattraper son retard. »
Taube insiste : cette approche n’est pas un rejet de l’immigration, mais un appel au réalisme. Les conservateurs, écrit-il, reconnaissent le rôle crucial de l’immigration dans la prospérité du pays et sa diversité. Mais ils savent aussi que le Canada n’a pas les moyens économiques, sociaux et infrastructurels d’absorber un million de nouveaux arrivants par an — une cadence imposée sous les libéraux — tout en ne construisant qu’environ 200 000 logements par an.
Michael Taube rappelle que, selon Statistique Canada, entre les années 1990 et 2015, le pays accueillait environ 235 000 immigrants annuellement. Ce niveau, bien qu’élevé, restait soutenable. Mais après l’élection de Justin Trudeau, la situation a basculé. D’abord modérée (296 000 arrivées en 2016), l’immigration a explosé après la recommandation, en 2016, du Conseil consultatif pour la croissance économique d’augmenter les cibles à 450 000 immigrants par an.
Taube retrace l’évolution :
- 321 040 immigrants en 2018
- 341 180 en 2019
- un ralentissement en 2020 (COVID-19 oblige)
- puis une reprise accélérée : 406 055 en 2021, 437 630 en 2022, 471 820 en 2023 et 482 640 en 2024.
Michael Taube souligne que même Trudeau a fini par admettre qu’« il n’avait pas tout à fait trouvé le bon équilibre », annonçant une pause dans la croissance démographique. Mais pour l’auteur, cette reconnaissance tardive ne compense pas les dégâts causés : crise du logement, explosion du coût de la vie, ralentissement du marché de l’emploi, pression sur les services publics.
« Nous sommes dans un gouffre financier », avertit Taube, et il faut cesser de creuser.
Le chroniqueur cite aussi la Société canadienne d’hypothèques et de logement, qui estime qu’il faudrait bâtir entre 430 000 et 480 000 logements par an jusqu’en 2035 pour répondre à la demande. Or, entre 2015 et aujourd’hui, le Canada en a construit en moyenne 227 130 par an. Pour Taube, c’est une démonstration implacable : on ne peut pas accueillir massivement de nouveaux arrivants s’il n’y a nulle part où les loger.
Michael Taube conclut que la seule manière raisonnable de remettre de l’ordre dans l’économie canadienne est de suivre la voie proposée par Poilievre : imposer un plafond migratoire temporaire, bas, afin de permettre au pays de se stabiliser. Par la suite, l’immigration pourra reprendre à un rythme soutenable, permettant à tous — y compris les immigrants — de s’épanouir dans un Canada mieux préparé à les accueillir.


