Le Québec ne doit pas répéter les erreurs de la France

Le Québec descend bien sûr de la France, sur le plan linguistique et culturel, et il arrive qu’une partie de nos élites étudient le « modèle » républicain français pour s’en inspirer. Par exemple, Pauline Marois disait préférer la neutralité à la française dans l’espace public plutôt que le modèle anglo-saxon. Cela va de soi. Mais trop souvent, certains intellectuels idéalisent un pays en crise, avec de nombreux problèmes qu’il ne faudrait surtout pas importer au Québec.

Le simple fait que le système judiciaire français n’applique souvent pas ses propres lois crée un sentiment d’impunité qui coûte très cher aux citoyens respectueux des lois. De nombreux crimes restent impunis pour diverses raisons en France, et si la police arrête quelqu’un, il y a bien des chances qu’il sorte aussi du commissariat.

Si le Québec impose déjà beaucoup de taxes et d’impôts, c’est encore plus élevé en France. Au Québec, le système permet néanmoins aux travailleurs autonomes et aux entrepreneurs de s’en sortir très bien grâce aux déductions d’impôts qui sont parfaitement légales. En France, l’impôt est tel qu’il devient parfois un frein à l’initiative.

Si ce n’était qu’une question de justice sociale, cela se saurait. Le pays est inégalitaire : une élite urbaine aisée et des multi-milliardaires qui jouent dans la cour des plus grands, tandis que le peuple d’en bas tire le diable par la queue avec des salaires qui stagnent, un coût de la vie très élevé, des logements et des factures de chauffage hors de prix. Sans compter les impôts.

Les services sont souvent perturbés par des grèves ou des problèmes techniques. Même si la France compte en théorie l’un des meilleurs réseaux ferroviaires de la planète, la plupart des gens sont tout de même contraints de s’acheter une voiture, car celui-ci n’est pas fiable au moment où ils en ont besoin. Les applications de covoiturage telles que BlaBlaCar sont extrêmement populaires pour cette raison notamment.

Et il y a le modèle économique. En France, il est très difficile de congédier quelqu’un dès qu’il a été engagé, à moins que son contrat de travail ne soit pas renouvelé. Si cela peut sembler une bonne chose, pensez-y un instant. Les employeurs, sachant qu’ils ne peuvent mettre dehors comme ils veulent, doivent redoubler de prudence avant d’engager de potentiels employés. D’où la difficulté pour plusieurs de trouver un emploi.

Au Québec, nous avons certes nos difficultés, mais nous avons la chance de posséder des ressources naturelles qui font l’envie du monde. Un système social certes complexe, mais toujours moins que celui de nombreux pays européens. L’énergie dont nous disposons permet de chauffer à moindre coût qu’en Europe, où cela est devenu un luxe en hiver. N’allons pas nous inspirer de modèles importés d’ailleurs pour faire du Québec un endroit encore meilleur.

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