Le premier ministre du Québec a de nouveau choisi d’injecter de l’argent public dans le secteur privé, sous prétexte de tensions internationales et de tarifs américains. Mais pourquoi répéter inlassablement la même erreur ? Faut-il y voir les limites de l’intervention de l’État dans l’économie, ou simplement la vision étroite du premier ministre ? À un moment donné, il faut savoir dire non à tout nouvel investissement public dans des entreprises privées.
On se souvient toujours de la saga Northvolt, de Lion Électrique, et même des projets qui n’ont pas encore explosé en vol — comme Flying Whales — mais qui continuent de planer dans l’incertitude. Le gouvernement du Québec entretient une drôle de conception du développement économique. Plutôt que de revoir des normes trop lourdes, environnementales ou techniques, qui étouffent les entreprises, il préfère miser gros : jouer au casino avec notre argent collectif.
Pourtant, les solutions sont connues depuis des années : alléger le cadre réglementaire, augmenter les investissements en robotisation et en intelligence artificielle, renforcer la formation des travailleurs. Mais au lieu d’engager ces réformes nécessaires, on choisit la fuite en avant. On subventionne à coups de milliards pour masquer des décennies d’inaction — de la part des gouvernements, mais aussi d’une partie du patronat qui n’a pas investi assez tôt dans la modernisation.
On fait appel massivement à de la main-d’œuvre étrangère parce qu’on a refusé d’automatiser une partie de la production. Rappelons que le projet Northvolt devait employer… des travailleurs sud-coréens. Pourquoi construire une gigantesque usine au Québec si c’est pour importer la main-d’œuvre ? C’est un mystère que seuls les caquistes semblent capables de justifier.
Pendant ce temps, des pays comme le Japon, l’Allemagne et même la Chine investissent massivement dans la robotique et l’intelligence artificielle. Le Québec, lui, reste encore à la remorque, prisonnier d’un modèle dépassé où l’État se contente de vendre la province comme une terre de « cheap labour » en échange de subventions.
Le BS corporatif — un terme familier à ceux qui dénoncent le poids des subventions — est devenu une politique publique à part entière. On ouvre grand les coffres pour attirer des multinationales, alors que les petites entreprises étouffent : réglementations contradictoires, normes environnementales mal calibrées, pressions syndicales, bureaucratie paralysante.
Oui, le gouvernement peut favoriser le développement économique, et même prendre des participations dans des entreprises. Singapour et la Norvège le font très bien. Mais là-bas, l’intervention publique s’accompagne d’une liberté économique élevée, d’une gestion rigoureuse et d’une vision stratégique. Rien à voir avec les pires cas de copinage ou de paris hasardeux.
Inspirons-nous donc des meilleurs, pas des pires.



