Le spectre de la disparition plane sur le NPD, pourtant jadis opposition constructive et respectée à Ottawa

James Moore, dans sa chronique publiée sur CTVNews.ca, explique qu’il est difficile de surestimer à quel point le leadership de Jagmeet Singh a été désastreux pour le NPD. Même plus de quatre mois après la campagne électorale d’avril 2025, l’ancien ministre conservateur considère « stupéfiant » l’ampleur de l’effondrement subi par le parti.

Moore rappelle que Singh a dirigé le NPD pendant sept ans et demi, mais que cette période s’est conclue par une débâcle historique : perte de 17 sièges, disparition du statut officiel de parti à la Chambre des communes et effacement quasi total du discours public. Pire encore, Singh a perdu sa propre circonscription.

Citant l’ancien député néo-démocrate Charlie Angus, Moore note que le parti a cessé d’être une force collective pour devenir « un mouvement centré sur un leader ». Angus avait résumé la situation en déclarant qu’au cœur de la plus grande crise politique et économique récente, le NPD n’avait « aucune offre sur la table », misant uniquement sur le style et la personnalité de Singh.

James Moore souligne le contraste avec l’histoire du parti. Il se remémore Bill Blaikie, Jack Layton et Thomas Mulcair, des parlementaires capables de mettre en difficulté le gouvernement par leur rigueur, leur passion et leur maîtrise des débats. Ces figures illustraient, selon lui, un NPD attaché à défendre les plus vulnérables et à maintenir l’équilibre social face aux excès du capitalisme.

Mais cette époque est révolue. Moore estime que Singh a commis une erreur stratégique majeure en liant son sort à celui de Justin Trudeau. L’accord de soutien entre le NPD et les libéraux a offert, selon lui, une « large marge de manœuvre » à Trudeau, qui a pu gouverner sans craindre de pression réelle, tandis que Singh acceptait « des miettes en retour ».

Sur le plan financier, Moore insiste sur la gravité de la situation : le NPD est criblé de dettes, ayant mené sa campagne sur des millions empruntés, sans infrastructure solide de financement. Pire encore, moins de 50 circonscriptions sur 343 ont atteint le seuil de 10 % des voix permettant de recevoir des remboursements électoraux. Ainsi, ni le parti national ni les associations locales n’ont de ressources pour se relever.

Un sondage Angus Reid de juin 2025, rappelle Moore, révèle que seulement 13 % des Canadiens envisagent « définitivement » de voter NPD à l’avenir. Pour l’ancien ministre, il s’agit d’un effondrement dramatique pour un parti qui a autrefois marqué l’histoire politique canadienne.

Quant à l’avenir, Moore se demande si le NPD survivra à cette crise existentielle. Le leadership race en cours, qui verra notamment Heather McPherson et Avi Lewis briguer la direction, risque d’être marqué par des luttes idéologiques internes. Des débats polarisants, notamment sur Israël et Gaza, pourraient donner au parti un mandat intenable pour un futur chef. Pendant ce temps, des figures provinciales comme David Eby en Colombie-Britannique et Wab Kinew au Manitoba devront se positionner face à ce naufrage.

James Moore conclut que Jagmeet Singh restera, selon lui, « le pire chef de l’histoire du NPD ». Une affirmation dure, mais qui traduit l’ampleur d’une crise que l’auteur juge potentiellement fatale pour ce parti autrefois central dans la vie politique canadienne.

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