La fin de l’année approche et l’heure des bilans sonne déjà. On pourrait revenir sur bien des sujets : la mutinerie libérale qui a poussé Justin Trudeau vers la sortie, l’arrivée de Mark Carney à la tête du gouvernement, ou encore les tensions commerciales ravivées avec les États-Unis depuis le retour de Donald Trump. Mais s’il y a un phénomène qui a réellement marqué 2025, c’est l’affaiblissement du wokisme. Cette idéologie continue certes d’influencer certains milieux — notamment à Ottawa — mais elle a essuyé cette année plusieurs revers majeurs.
Décryptage d’un mouvement qui semble désormais en déclin.
La première fissure est venue du monde corporatif. Walmart, Target, Disney, John Deere et bien d’autres ont décidé d’évacuer la rhétorique militante de leurs rapports annuels. Ces géants ont enfin reconnu que le wokisme, loin d’aider les minorités, alimentait des fronts supplémentaires dans la guerre culturelle. Au lieu de promouvoir le talent, il créait une hiérarchie morale artificielle, souvent au détriment même de ceux qu’il prétendait défendre.
Parallèlement, les consommateurs ont parlé avec leur portefeuille. Les hommes blancs, qui possèdent le plus fort pouvoir d’achat dans plusieurs secteurs, ont massivement déserté certaines plateformes et franchises devenues trop idéologisées. Disney+, Netflix, l’univers Star Wars ou les superhéros : tout ce qui croyait pouvoir rééduquer son public plutôt que le divertir a violemment heurté un mur.
Même essoufflement du côté du « mois des fiertés ». Après des années de surenchère symbolique, la pride fatigue s’est installée. En 2025, le drapeau arc-en-ciel brillait surtout… par son absence. Plusieurs entreprises ont choisi de ne plus se positionner dans un climat idéologique aussi tendu. Si certains militants ont dénoncé ce retrait, la majorité de la population y a vu un soulagement. Un retour à la normalité.
Personne ne remet en cause la lutte contre les discriminations — elle est d’ailleurs inscrite dans les chartes canadienne et québécoise. Mais fallait-il imposer des programmes EDI à chaque secteur, chaque organisation, chaque service ? Les entreprises ont perdu des milliards, sans que cela n’améliore le climat social.
Même Ottawa commence à ajuster son discours. Mark Carney a par exemple annoncé que l’aide internationale ne serait plus guidée automatiquement par des critères féministes. Un signal modeste, mais révélateur. Le « démon étant dans la machine », la transition sera lente. Les syndicats demeurent puissants, et les postes EDI au sein de l’État sont presque impossibles à abolir une fois créés.
Le secteur privé, lui, n’a pas cette inertie. Et cette année, il a rappelé une vérité simple : on peut voter avec son argent. L’achat — ou le boycott — demeure l’un des leviers les plus redoutables pour infléchir une orientation idéologique.
2025 aura montré que le wokisme n’est plus incontournable. Il peut même reculer lorsque les institutions, les entreprises et surtout le public cessent d’y consentir. Une bataille culturelle ne s’achève jamais vraiment, mais l’équilibre des forces, lui, peut changer. Et cette année, c’est exactement ce qui s’est produit.



