Le vote des non-citoyens : New York, la France, demain le Québec ?

Mandana Javan est physicienne, essayiste et militante pour la laïcité et les droits des femmes. D’origine iranienne, elle vit au Québec depuis plus de vingt-cinq ans. Son parcours d’immigrante engagée lui inspire une réflexion profonde sur la mémoire, la liberté et l’émancipation des peuples.

La semaine dernière, lors d’un point de presse de la porte-parole de la Maison-Blanche, il a été rappelé qu’à New York, une proposition visant à autoriser certains résidents non citoyens à voter aux élections municipales avait été adoptée par le conseil municipal, mais qu’elle a été bloquée par les tribunaux et n’est jamais entrée en vigueur. En revanche, dans certaines municipalités d’États comme le Maryland, le Vermont ou la Californie, des dispositifs comparables sont bel et bien appliqués à l’échelle locale, notamment pour des élections municipales ou de conseils scolaires.

Ces pratiques font actuellement l’objet d’un examen par l’administration Trump, qui affirme vouloir évaluer leurs effets sur l’intégrité et la perception des processus démocratiques aux États-Unis, ce qui suscite encore des réactions critiques de la part de certains journalistes. En réponse, la porte-parole de la Maison-Blanche a souligné une apparente contradiction : plusieurs de ces mêmes acteurs médiatiques ont par le passé insisté sur l’existence de risques d’ingérences étrangères des russes au profits de Trump dans les élections américaines, pourtant ils ne sont pas contents de voir la réévaluation de ces processus démocratiques. 

L’argument avancé par l’administration est que des mesures de clarification et de transparence électorale pourraient contribuer à réduire ces préoccupations, en assurant une meilleure lisibilité des règles et en limitant les zones de contestation entourant la participation électorale au niveau local.

À noter que, récemment, des propositions ont refait surface en France visant à élargir le droit de vote aux élections municipales pour les résidents étrangers non citoyens français. Ce type de projet a déjà fait l’objet de débats récurrents au sein de certaines instances politiques et parlementaire.

La convergence de ces discussions avec les expériences observées à New York et dans certaines municipalités californiennes illustre une tendance idéologique présente dans les sociétés occidentales : la remise en question du lien traditionnel entre citoyenneté nationale et participation électorale locale. Certains courants politiques à gauche, notamment dans leur frange le wokes, considèrent le niveau municipal comme un espace privilégié pour expérimenter ce type d’élargissement démocratique.

Dans cette perspective comparative, le Québec ne serait pas à l’abri de débats similaires. Il est plausible que, dans l’avenir, certaines organisations ou groupes de pression woke proposent d’ouvrir le droit de vote municipal aux résidents non citoyens canadiens, au nom de l’inclusion, de la représentativité locale.

Cette hypothèse appelle moins à une réaction émotionnelle qu’à une réflexion de fond sur les principes démocratiques en jeu : le rôle de la citoyenneté, la cohésion civique, la légitimité électorale et les conséquences à long terme de telles réformes sur l’équilibre politique et social au niveau local.

La citoyenneté est un lien social et politique fort. La citoyenneté implique non seulement des droits, mais aussi l’adhésion à un ensemble de règles, de valeurs et d’obligations civiques. Le droit de vote est l’expression du consentement à être gouverné par un système politique. Un citoyen est appelé à assumer des devoirs importants (service dans certaines sociétés, taxation large, obligations juridiques liées à la défense ou à la sécurité nationale). Dans ce cadre, le vote devient un moyen pour les personnes ainsi engagées de participer aux décisions qui les concernent profondément.

Associer le vote aux seuls citoyens renforce naturellement la cohésion autour d’un projet commun et éviter des clivages fondés sur des intérêts divergents de pays d’origine. En plus, lier le droit de vote à la citoyenneté crée une frontière claire qui permet de réduire les risques que des acteurs extérieurs — qu’il s’agisse d’états étrangers ou d’influences exogènes — tentent d’orienter des décisions politiques internes à un pays. Les exemples connus et documentés: La Russie, La Chine, L’Iran, et le Corée du Nord).

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