Le wokisme, seul responsable de sa chute? Une contre-réaction prévisible et méritée

Pendant des années, les élites culturelles et médiatiques occidentales ont imposé un récit unilatéral, prétendument inclusif, mais profondément autoritaire, où le désaccord devenait une hérésie. Le wokisme, né de revendications souvent légitimes — lutte contre les discriminations, reconnaissance de voix historiquement marginalisées — s’est peu à peu transformé en une religion séculière, intolérante à toute forme de nuance.

Or, cette même intransigeance, ce rejet de la contradiction, cette volonté de contrôler non seulement le langage mais les pensées elles-mêmes, ont fini par provoquer une réaction violente, spontanée, et croissante dans l’ensemble du monde occidental. Une contre-culture s’organise, et elle ne vient pas seulement de la droite conservatrice classique : elle vient des gens ordinaires, fatigués de marcher sur des œufs, fatigués de voir des animateurs se faire congédier pour un mauvais pronom, des auteurs censurés, des professeurs traînés dans la boue pour avoir posé une question qui dérange.

La responsabilité du wokisme dans cette levée de boucliers? Totale.

Car à force de diaboliser toute opinion divergente, à force de soupçonner de « phobie » quiconque émet un doute, à force de jouer la carte victimaire jusqu’à la caricature, les croisés du progrès ont contribué à leur propre rejet. Ce n’est pas l’Occident qui a rejeté l’ouverture à l’autre. C’est une frange idéologique, persuadée de détenir la morale universelle, qui a épuisé toute la patience collective.

Mais soyons honnêtes : cette dérive n’est pas née dans le vide. Elle s’est développée dans un terreau fertile, celui des algorithmes et des chambres d’écho numériques. Les réseaux sociaux ont encouragé les discours les plus polarisants. Les plateformes, en maximisant l’engagement émotionnel, ont récompensé les postures radicales. Et bientôt, chacun s’est retrouvé dans sa bulle : d’un côté, les militants convaincus que toute la société est fondamentalement oppressive; de l’autre, les critiques de plus en plus exaspérés, galvanisés par un ressentiment croissant.

Le wokisme ne s’est donc pas effondré sous la force brute de ses opposants. Il s’est effondré sous son propre poids, sous son incapacité à tolérer le doute, à dialoguer, à accepter l’ambiguïté humaine. Et les algorithmes n’ont fait qu’aggraver cette tendance à la radicalisation en isolant les individus dans leurs certitudes confortables.

Aujourd’hui, la réaction est là. Brutale, parfois excessive. Certains glissent vers des postures cyniques ou franchement régressives, comme si le rejet du wokisme justifiait une réhabilitation de tout et n’importe quoi. Ce serait une erreur aussi grave que celle que nous venons de dénoncer.

Car si le wokisme a échoué, c’est parce qu’il refusait la nuance. Ne commettons pas la même erreur.

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