Les accusations de terrorisme contre Luigi Mangione rejetées par la justice new-yorkaise

Selon Shayna Jacobs du Washington Post, le juge de la Cour suprême de l’État de New York, Gregory Carro, a rejeté mardi les accusations de terrorisme portées contre Luigi Mangione dans l’affaire du meurtre du PDG de UnitedHealthcare, Brian Thompson. Cette décision réduit considérablement les risques judiciaires pour l’accusé, qui ne fait désormais plus face à la possibilité d’une peine de prison à vie sans libération conditionnelle.

Mangione, âgé de 27 ans, reste toutefois poursuivi pour meurtre au deuxième degré et pour neuf autres chefs d’accusation connexes. Le procès en cour d’État sera précédé d’audiences préliminaires sur l’admissibilité des preuves le 1er décembre, mais aucune date officielle de procès n’a encore été fixée.

Dans sa décision de 12 pages, citée par Shayna Jacobs, le juge Carro a estimé que les preuves présentées devant le grand jury ne démontraient pas que Mangione avait agi avec l’intention de terroriser une population. « Chaque meurtre a le potentiel de provoquer un certain degré de peur », a-t-il écrit, ajoutant qu’un homicide aléatoire dans le métro peut suffire à effrayer les passagers, mais que cela ne correspond pas pour autant à la définition juridique du terrorisme.

Les procureurs avaient soutenu que Mangione cherchait à intimider le public et à faire pression sur les institutions, en présentant son geste comme un acte politique visant à provoquer un changement radical dans l’industrie de la santé. Mais le juge Carro a rejeté cette interprétation, estimant que la loi new-yorkaise sur le terrorisme n’avait pas vocation à couvrir tous les crimes graves qui sortent du cadre de la criminalité dite « de rue ».

La porte-parole du bureau du procureur de Manhattan, Danielle Filson, a indiqué que son équipe respectait la décision de la cour et qu’elle poursuivrait l’accusé sur les autres chefs d’accusation.

En parallèle, Luigi Mangione fait également face à un procès fédéral à Manhattan. Le ministère de la Justice, dirigé par la procureure générale Pam Bondi, a annoncé en avril qu’il chercherait la peine de mort dans cette procédure. Bondi avait qualifié l’assassinat de Brian Thompson, père de deux jeunes enfants et âgé de 50 ans, de « meurtre prémédité, froid et sanglant qui a choqué l’Amérique ».

Les autorités affirment que Mangione nourrissait une haine idéologique contre l’industrie des assurances santé, sans pour autant avoir eu de liens personnels avec UnitedHealthcare. Son arrestation en Pennsylvanie en décembre 2024 avait mené à la découverte d’un sac contenant ce que les procureurs décrivent comme un manifeste et une confession.

La défense, représentée par Marc Agnifilo et Karen Friedman Agnifilo, a de son côté dénoncé une violation des droits constitutionnels de leur client, avançant que les procès parallèles au niveau de l’État et au niveau fédéral exposent Mangione à une forme de double incrimination. Le juge Carro a toutefois jugé prématuré de se prononcer sur cet aspect tant qu’aucune condamnation n’a été prononcée.

Mangione, escorté au tribunal en uniforme de prisonnier et menotté, a semblé lancer un regard appuyé vers un membre de l’assistance où se trouvaient ses partisans. À l’extérieur du tribunal, un petit groupe de soutiens manifestait en sa faveur.

L’affaire, qui mêle un assassinat ciblé d’un dirigeant de premier plan et une tentative controversée de recours aux lois antiterroristes de l’État, continue de susciter une vive attention aux États-Unis.

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