Les Canadiens priorisent les grands projets d’infrastructure, même face aux objections régionales ou autochtones

Selon un sondage exclusif de Nanos Research mené pour CTV News et rapporté par la journaliste Abigail Bimman, une majorité claire de Canadiens souhaite voir les grands projets d’infrastructure nationale aller de l’avant, même lorsque ceux-ci suscitent l’opposition de provinces, de communautés autochtones ou d’organisations environnementales.

Les données recueillies entre le 31 juillet et le 6 août 2025 auprès de 1 034 répondants révèlent que 70 % des Canadiens appuient ou appuient quelque peu la réalisation de projets nationaux même en cas d’opposition autochtone. Dans le même esprit, 59 % s’opposent ou s’opposent quelque peu à ce que les nations autochtones disposent d’un droit de veto formel leur permettant de bloquer ces projets.

Un contexte politique plus propice à l’action

Nik Nanos, président de Nanos Research, explique à CTV News que ces résultats traduisent « une situation où il existe un permis politique [pour agir] », mais que cela ne signifie pas nécessairement qu’il s’agisse « du meilleur chemin à suivre ». Il souligne que « l’appétit le développement » n’a jamais été aussi fort et l’attribue en partie à l’influence politique et rhétorique de Donald Trump.

Pour Mark Podlasly, directeur de la stratégie à la First Nations Major Projects Coalition (FNMPC), qui représente 180 communautés membres à travers le pays, ces chiffres ne sont pas surprenants. Dans ses propos rapportés par Abigail Bimman, il note que les peuples autochtones sont trop souvent perçus comme des obstacles : « Il faut un changement de perspective pour les voir non pas comme un risque, mais comme une opportunité de sécuriser les projets et d’attirer les investisseurs, afin que nous puissions livrer à temps. »

La FNMPC affirme vouloir participer activement aux grands projets sur ses territoires, à condition que les droits soient respectés, que la protection environnementale soit assurée et que la participation autochtone soit significative.

L’Arctique et les enjeux régionaux

Le sondage Nanos, tel que rapporté par CTV News, indique également que 60 % des répondants appuient ou appuient quelque peu le développement de terres arctiques comme corridors pétroliers et gaziers, même si cela entraîne des préoccupations environnementales.

En cas d’opposition provinciale, le soutien grimpe encore : 77 % des Canadiens appuient ou appuient quelque peu la réalisation de projets d’infrastructure nationale, malgré les objections locales.

L’économiste Moshe Lander, de l’Université Concordia, rappelle toutefois que ce soutien est conditionnel. Interrogé par CTV News, il souligne que l’enthousiasme pourrait s’effriter si ces projets entraînent des hausses d’impôts ou des coupes dans les services publics : « La question reste toujours la même : comment allons-nous payer pour ça? »

Des infrastructures vieillissantes et coûteuses

Lander rappelle que l’état des infrastructures canadiennes est le résultat de décennies de négligence. Les défis vont bien au-delà des investissements colossaux nécessaires : ils incluent aussi une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, ce qui complique encore la mise en œuvre rapide des projets.

Ces résultats surviennent dans un contexte politique marqué par la volonté déclarée du premier ministre Mark Carney de « build, baby build ». Selon les informations rapportées par Abigail Bimman, son gouvernement a adopté le Building Canada Act (projet de loi C-5) malgré les critiques sur la précipitation du processus. Carney prévoit mettre sur pied d’ici la fête du Travail un Major Projects Office et un Indigenous Advisory Council, après avoir tenu trois sommets avec des groupes autochtones cet été pour discuter de leurs préoccupations.

Des visions divergentes entre partis

Du côté conservateur, l’opposition promet de déposer une motion baptisée Canada Sovereignty Act et vise à lancer la construction de plusieurs grands projets d’ici le 14 mars 2026 — date qui marquera le premier anniversaire de l’arrivée de Carney au pouvoir —, incluant notamment deux oléoducs majeurs.


Méthodologie du sondage : enquête hybride téléphonique et en ligne auprès d’un échantillon aléatoire de 1 034 Canadiens, réalisée par Nanos Research du 31 juillet au 6 août 2025. Marge d’erreur de ± 3,1 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

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