Les écoles woke de Colombie-Britannique punissent les parents qui parlent trop fort

Qui élève réellement les enfants en Colombie-Britannique : les parents, ou bien les enseignants et administrateurs des écoles publiques ? Ces derniers semblent aujourd’hui convaincus qu’il s’agit de leur domaine réservé. Et quiconque remet en question leurs orientations idéologiques s’expose à des représailles. C’est ce que démontre l’affaire de Bryony Dixon, une mère de famille de Nanaimo, récemment bannie du terrain de l’école de son enfant pour avoir publié un simple message critique sur les réseaux sociaux.

Dixon avait partagé une photo floue d’un enseignant portant un T-shirt orné du drapeau « Progress Pride », symbole politique largement associé à la mouvance identitaire. Dans son message, elle dénonçait la présence croissante de symboles militants dans les écoles. La réaction du district scolaire Nanaimo-Ladysmith fut immédiate : accusation d’incitation à la violence, demande de suppression du message, et interdiction d’accès d’un an aux bâtiments scolaires, sous menace d’intervention policière.

Selon l’article d’Amy Hamm publié le 26 octobre 2025 dans le National Post, cette sanction s’appuyait sur l’article 177 de la School Act, une disposition censée prévenir les perturbations en milieu scolaire. Dixon a préféré retirer son enfant de l’école. Grâce au soutien de la Free Speech Union of Canada, le district a fini par annuler la mesure.

Ce n’était pas la première fois que cette mère subissait des représailles pour ses opinions. Un an plus tôt, elle avait été exclue du programme d’hébergement d’étudiants étrangers géré par le même district. Des courriels internes, obtenus grâce à une demande d’accès à l’information, ont révélé que ses activités politiques étaient directement mentionnées comme motif d’exclusion. Le Justice Centre for Constitutional Freedoms (JCCF) a pris en charge son dossier, qui est maintenant entre les mains du Tribunal des droits de la personne de la C.-B., déjà saturé de plaintes en attente.

Cette affaire n’est pas un cas isolé. Amy Hamm observe une tendance plus large : la politisation accélérée du système scolaire de la province. Les écoles publiques sont devenues, selon elle, des instruments d’endoctrinement progressiste. Il est désormais tabou de remettre en cause les dogmes du moment : idéologie du genre, théorie critique de la race ou récit officiel des pensionnats autochtones.

À New Westminster, par exemple, une lettre envoyée aux parents au début de l’année scolaire affirmait qu’ils faisaient partie intégrante de la “communauté d’apprentissage du district”. Derrière cette formule se cache la volonté d’étendre le contrôle administratif jusque dans la sphère privée. Le code de conduite joint à la lettre interdit aux parents de diffuser des “mèmes racistes, homophobes ou transphobes” sur les réseaux sociaux, sans définir ces termes.

Ironie du sort, ce même district annonçait quelques mois plus tôt un déficit budgétaire de 2,3 millions de dollars et la réduction des investissements technologiques dans les écoles. Mais, malgré les coupes, il trouvait les fonds nécessaires pour installer un nouveau logo “Pride” et un drapeau Progress Pride à l’entrée de chaque établissement. Les ordinateurs peuvent attendre, mais pas les symboles.

La dérive ne s’arrête pas là. À Victoria, une bataille judiciaire oppose le ministère provincial de l’Éducation à l’ancien conseil scolaire local, qui avait mis fin au programme de policiers scolaires pour rendre les écoles plus “inclusives” et “trauma-informées”. La majorité des parents consultés souhaitaient pourtant conserver la présence policière. Leur opinion fut relativisée dans le rapport du district, qui soulignait que “la plupart des répondants étaient blancs et parents d’enfants du primaire”, comme si leur avis valait moins.

Les enseignants eux-mêmes ne sont pas à l’abri. L’ancien professeur Jim McMurtry a été congédié après quarante ans de service pour avoir simplement discuté avec ses élèves du drame des pensionnats autochtones, suggérant que plusieurs décès avaient été causés par des maladies plutôt que par des actes délibérés. Le district d’Abbotsford a jugé son commentaire “inapproprié” et “contraire au message de réconciliation”.

Autre cas emblématique : Barry Neufeld, ancien commissaire scolaire à Chilliwack, traîné en justice depuis huit ans par la fédération des enseignants (BCTF) pour avoir critiqué le programme SOGI, qui enseigne aux enfants que l’on peut “être né dans le mauvais corps”. Neufeld a perdu son poste et ses revenus dans un procès interminable.

Amy Hamm conclut que ces exemples traduisent une véritable dérive autoritaire dans les écoles publiques de la Colombie-Britannique. Les parents sont traités comme des intrus, les enseignants dissidents sont réduits au silence, et les enfants deviennent les instruments d’un endoctrinement institutionnalisé. Les écoles, autrefois lieux d’apprentissage et de débat, se transforment en organes idéologiques où la pensée critique n’a plus sa place.

Il fut un temps où comparer cette situation à celle des écoles soviétiques aurait paru exagéré. Ce ne l’est plus aujourd’hui. Enseigner les bases, oui, mais toujours avec une dose obligatoire de propagande. Former des citoyens dociles au nom du progrès. Et surtout, réduire au silence quiconque ose poser une question.

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