Le Western Standard rapporte qu’un mémo interne du gouvernement fédéral, daté du 28 février et adressé au ministre du Logement Gregor Robertson, révèle que les migrants — incluant immigrants, réfugiés réinstallés et demandeurs d’asile — occupent une part importante des lits dans les refuges pour sans-abri au Canada. Selon ce document, plus de 10 % des places disponibles seraient utilisées par des non-citoyens, mais le nombre réel demeure inconnu en raison des politiques dites de « villes sanctuaires » appliquées dans plusieurs métropoles.
Des chiffres fragmentaires et incomplets
Le mémo indique que les immigrants et réfugiés sont plus susceptibles que les citoyens canadiens de se tourner vers les refuges familiaux. Les sondages effectués estiment qu’ils représentent environ 13 % de l’ensemble des utilisateurs, et près de 30 % dans les espaces temporaires comme les hôtels et motels utilisés pour loger les sans-abri.
Toutefois, les fonctionnaires concèdent que ces chiffres ne reflètent pas la réalité complète. En effet, des villes telles que Toronto, Hamilton, Montréal, Vancouver et Edmonton suivent des politiques dites « access without fear » (« accès sans crainte »), ce qui signifie que les refuges ne consignent pas le statut de citoyenneté des personnes accueillies. Ainsi, il est impossible de déterminer la proportion exacte de migrants occupant les ressources d’hébergement d’urgence.
Vulnérabilité accrue des demandeurs d’asile
Le document interne révèle aussi des écarts frappants entre les catégories de nouveaux arrivants. Les demandeurs d’asile sont les plus exposés au risque de se retrouver sans abri : 43,5 % d’entre eux deviennent itinérants dans l’année qui suit leur arrivée. Ce taux est nettement plus élevé que celui des réfugiés réinstallés (15,4 %) ou des immigrants (6,5 %).
Les fonctionnaires soulignent que la situation s’est aggravée depuis la levée des restrictions frontalières liées à la pandémie de COVID-19. Avec la fin des moratoires sur les expulsions, davantage de non-citoyens se sont retrouvés à la rue et ont dû recourir aux refuges.
Une pression budgétaire non chiffrée
Le Western Standard précise qu’aucune estimation des coûts actuels n’est incluse dans ce mémo. Néanmoins, un rapport du Bureau du budget du Parlement (BBP) datant de 2017 évaluait déjà les dépenses liées à la migration irrégulière jusqu’à 33 700 $ par personne, selon les recours et procédures d’appel engagés.
Aujourd’hui, le Canada compte plus de trois millions d’étrangers titulaires de permis temporaires — incluant ceux dont les documents sont échus. Le gouvernement reconnaît donc que la pression exercée par cette population sur le système d’hébergement risque d’être beaucoup plus élevée que ce que laissent croire les chiffres officiels.



