Les prétendants à la chefferie du NPD protégeront-ils la liberté d’expression contre les censeurs de leur propre camp ?

Peter MacKinnon, dans une tribune du National Post, pose une question essentielle dans le débat public canadien : les aspirants à la direction du Nouveau Parti démocratique (NPD) seront-ils prêts à défendre la liberté d’expression face aux dérives autoritaires de certains de leurs collègues ?

L’auteur s’inquiète particulièrement du climat de plus en plus intolérant à la diversité d’opinions au sein de la gauche canadienne. Deux exemples récents, selon lui, illustrent cette dérive : la députée néo-démocrate Leah Gazan, de Winnipeg-Centre, et l’ancien député Charlie Angus, qui a quitté la politique fédérale en 2025.

Peter MacKinnon rappelle que Leah Gazan a déposé un projet de loi privé visant à criminaliser toute personne qui « condone, nie, minimise ou justifie le système des pensionnats autochtones ». Cette mesure, déjà présentée une première fois sans succès, pourrait entraîner des peines allant jusqu’à deux ans de prison pour ceux qui exprimeraient une opinion divergente. L’auteur souligne qu’une telle législation ferait même planer une menace sur des artistes et écrivains autochtones comme Tomson Highway, qui a souvent témoigné d’une expérience personnelle positive dans un pensionnat.

Quant à Charlie Angus, MacKinnon rappelle qu’il a tenté, durant son mandat, de sanctionner les voix dissidentes dans le débat sur les hydrocarbures et les politiques énergétiques, ciblant ceux qui remettaient en question la position écologiste officielle du parti.

Pour Peter MacKinnon, ces deux cas témoignent d’un glissement inquiétant : certains élus semblent croire qu’ils peuvent imposer leur conception du bien commun en limitant le droit à la parole de leurs adversaires. Or, écrit-il, la liberté d’expression demeure un pilier fondamental de la Charte canadienne des droits et libertés et des valeurs libérales occidentales. Ce droit existe justement pour protéger les discours minoritaires, impopulaires ou dérangeants — ceux qui ont le plus besoin d’être défendus dans une société démocratique.

MacKinnon appelle donc à la vigilance : « Nous vivons une époque de censure », écrit-il, où les activistes de tous bords cherchent à faire taire les opinions qui ne cadrent pas avec leur vision du monde. Il note que la polarisation du débat public favorise les réflexes de rejet plutôt que le dialogue : chaque camp campe sur ses positions, refuse d’écouter l’autre et s’empresse de disqualifier les points de vue contraires.

Dans ce contexte, l’auteur invite les candidats à la chefferie du NPD — au moins cinq personnes sont pressenties — à se prononcer clairement. Soutiennent-ils les initiatives de Gazan et d’Angus ? Et surtout, que feraient-ils, comme futurs chefs de parti, pour garantir la liberté d’expression de tous les Canadiens, y compris ceux dont les opinions heurtent la majorité ?

Pour Peter MacKinnon, la réponse à ces questions sera un test de crédibilité pour un parti qui se veut défenseur des droits fondamentaux. Car, conclut-il, la liberté d’expression ne vaut rien si elle n’est protégée que pour ceux avec qui l’on est d’accord.

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