D’après un article d’Adrian Humphreys publié dans le National Post le 5 juillet 2025
L’affaire Nikhil Gupta, accusé d’avoir joué un rôle central dans un complot d’assassinats commandité par les services de renseignement indiens, soulève de vives tensions diplomatiques entre les États-Unis, le Canada et l’Inde. Selon l’article d’Adrian Humphreys, publié dans le National Post, Gupta, un Indien de 53 ans également connu sous le nom de « Nick », aurait été impliqué dans un projet d’assassinat ciblant des militants sikhs sur le sol nord-américain.
L’arrestation de Gupta a eu lieu à l’aéroport Vaclav Havel de Prague, le 30 juin 2023, à son arrivée d’Inde. Deux agents américains – un du DEA et un du NYPD – étaient sur place en coordination avec les autorités tchèques. Peu après son interpellation, Gupta aurait exprimé son désir de coopérer avec les autorités américaines, selon le rapport de l’agent du DEA. Il aurait alors évoqué un certain « Amanat », qui l’aurait recruté pour faire assassiner un militant sikh à New York. Ce « Amanat » est depuis identifié par les autorités américaines comme étant Vikash Yadav, un officier du R&AW, le service de renseignement extérieur de l’Inde.
Ce complot présumé aurait visé notamment Gurpatwant Singh Pannun, citoyen canado-américain et leader du mouvement séparatiste Khalistan, farouchement opposé au gouvernement indien. La mort de son proche allié, Hardeep Singh Nijjar, assassiné devant un temple en Colombie-Britannique le 18 juin 2023, aurait été liée au même réseau. L’affaire avait alors provoqué une crise diplomatique majeure entre Ottawa et New Delhi.
Selon les documents judiciaires américains, Gupta croyait traiter avec un trafiquant colombien et un tueur à gages new-yorkais, qui étaient en réalité un informateur du DEA et un agent infiltré. Il aurait versé un acompte de 15 000 $ pour le meurtre de Pannun, prévoyant d’autres assassinats au Canada et aux États-Unis. Le lien entre l’assassinat de Nijjar et le réseau dans lequel Gupta évoluait renforce les soupçons d’implication de l’État indien.
Gupta, aujourd’hui détenu à New York, plaide non coupable. Ses avocats contestent la légalité de l’interrogatoire mené dans la camionnette de police à Prague, affirmant qu’il n’a jamais avoué avoir voulu faire tuer quelqu’un à New York et qu’il n’a pas été informé de ses droits. Ils demandent l’exclusion de preuves, dont les données extraites de son téléphone, et la suppression de certaines accusations, notamment celle de blanchiment d’argent, ajoutée après l’arrestation.
La complexité de cette affaire, mêlant géopolitique, services de renseignement, diaspora sikh et méthodes d’enquête controversées, en fait un dossier judiciaire extrêmement sensible. Elle met en lumière les pratiques de « répression transnationale » et les tensions croissantes entre les États impliqués.


