Les Syriens installés aux États-Unis sommés de partir dans 60 jours

L’annonce faite par Camilo Montoya-Galvez dans CBS News révèle que l’administration Trump a décidé de mettre fin au programme Temporary Protected Status (TPS) pour les ressortissants syriens installés aux États-Unis. Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a déclaré vendredi que les conditions en Syrie ne justifiaient plus la prolongation de ce régime humanitaire, instauré en 2012 par l’administration Obama en réaction à la guerre civile.

Le TPS permettait à près de 4 000 Syriens de résider et de travailler légalement aux États-Unis. Mais selon la porte-parole du DHS, Tricia McLaughlin, il n’est plus dans l’intérêt national de maintenir ce programme. Elle souligne que la Syrie demeure un foyer de terrorisme et d’extrémisme depuis près de deux décennies, ce qui rend nécessaire la fin de cette protection temporaire. Les bénéficiaires qui n’ont pas d’autre statut légal ont désormais environ 60 jours pour quitter volontairement le pays, faute de quoi ils s’exposent à des arrestations et expulsions. Le DHS a même recommandé d’utiliser l’application mobile CBP Home pour organiser leur auto-départ.

La guerre civile syrienne, qui a éclaté en 2011, a conduit à des années de violences et de déplacements massifs. Si le régime de Bachar al-Assad a été renversé l’an dernier, comme le rappelle Montoya-Galvez, des tensions communautaires et des violences sectaires continuent de marquer le pays, compliquant tout retour en sécurité.

Depuis sa création en 1990, le TPS a été utilisé par les présidences républicaines et démocrates pour protéger temporairement des ressortissants de pays en crise, qu’il s’agisse de conflits armés ou de catastrophes naturelles. Toutefois, l’administration Trump estime que ces désignations sont devenues permanentes de facto, servant de prétexte pour prolonger indéfiniment la présence d’étrangers sans statut durable. C’est pourquoi, après les Syriens, d’autres communautés – originaires d’Afghanistan, du Cameroun, d’Haïti, du Honduras, du Népal, du Nicaragua et du Venezuela – voient également leur TPS menacé.

Des organisations pro-immigration dénoncent ce qu’elles appellent la plus vaste campagne de « dé-documentation » de l’histoire des États-Unis, soulignant que ces mesures exposent des milliers de familles à des séparations et à l’incertitude. Le bras de fer juridique s’annonce intense, puisque plusieurs contestations sont déjà déposées devant les tribunaux fédéraux.

Pour Camilo Montoya-Galvez, cette décision illustre la volonté de Donald Trump, lors de son second mandat, de durcir les politiques migratoires et de réduire drastiquement les programmes qui avaient permis, depuis plus d’une décennie, à des milliers de réfugiés et déplacés de trouver un abri temporaire aux États-Unis.

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