Libérations sous caution et récidives : un système à bout de souffle

Dans une chronique publiée par le National Post, Chris Selley soutient que le Canada se montre trop laxiste face aux délinquants violents et devrait s’inspirer d’une certaine rigueur de la justice américaine. Le journaliste explique que, trop souvent, des individus arrêtés pour crimes violents au Canada se trouvent déjà sous conditions de libération, en probation ou en liberté conditionnelle, ce qui expose la population à des récidives graves.

Chris Selley illustre cette situation par plusieurs cas inquiétants : une adolescente de 14 ans, déjà condamnée pour participation au meurtre de Kenneth Lee à Toronto en 2022, qui a de nouveau agressé un homme en 2024 alors qu’elle se trouvait en « garde ouverte » ; un garçon de 14 ans recherché pour une fusillade double à York, malgré des antécédents de violences ; et même un enfant de 12 ans, impliqué dans une fusillade à Markham, remis en liberté sous caution peu après. Pour le chroniqueur, « c’est objectivement insensé » et difficile à défendre même par les juristes les plus critiques du système américain.

En comparaison, l’auteur rappelle que les États-Unis appliquent des peines particulièrement lourdes, même dans des cas où les accusés invoquent la légitime défense. Il cite l’exemple d’Amber Guyger, policière de Dallas condamnée à dix ans de prison en 2019 pour avoir tué Botham Jean, croyant à tort qu’il s’était introduit chez elle. De même, d’autres affaires récentes en Pennsylvanie et au Texas ont entraîné des condamnations allant de 25 ans à la prison à vie. Pour Selley, ces verdicts contredisent l’idée reçue selon laquelle il suffirait d’invoquer le « castle doctrine » ou le « stand-your-ground » pour échapper à toute responsabilité.

Au Canada, dit-il, les rares cas médiatisés de défense de domicile – Gerald Stanley en Saskatchewan, David Chen à Toronto, Daniel Hodgson à Iqaluit – se sont tous soldés par des acquittements. Chris Selley ne remet pas en cause ces verdicts, mais constate que, globalement, les sanctions pénales restent très limitées au nord de la frontière, même pour les récidivistes dangereux.

L’auteur critique également le débat politique autour de la légitime défense lancé par Pierre Poilievre, chef conservateur, qui a proposé une loi plus permissive pour les propriétaires agressés à domicile. Les opposants comparent aussitôt cette idée aux excès américains, mais, selon Selley, il faudrait d’abord s’interroger sur les failles de la justice canadienne : « Quand les tribunaux américains décident de retirer quelqu’un de la rue, ils le font réellement. Peut-être devrions-nous, nous aussi, nous demander quel est notre problème à ce sujet. »

Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine