L’Unité permanente anti-corruption se mêle de la course à la chefferie qui a couronné Pablo Rodriguez à la tête du Parti libéral du Québec. François Legault, malgré un programme musclé en matière de laïcité et d’immigration, est incapable de faire bouger l’aiguille des sondeurs. Québec solidaire plafonne à 8 %, soit ce qui reste d’électeurs assez radicaux pour se noyer avec le navire en perdition. Dans un tel contexte, le Parti québécois va-t-il lentement mais sûrement former un gouvernement majoritaire ?
Les élections ne sont qu’en octobre 2026. Pourtant, c’est une éternité en politique. En si peu de temps, tout peut arriver. On se souvient du « miracle » Carney chez les libéraux : une mutinerie pousse Justin Trudeau à la porte, et c’est alors un banquier d’affaires peu connu politiquement qui se présente comme le sauveur face aux menaces de Donald Trump. Et ce, en quelques mois.
Si l’eau a coulé sous les ponts, montrant les limites, et surtout l’incapacité de Carney à peser dans le game nord-américain, cette histoire montre quand même qu’il faut éviter de faire des prédictions trop précipitées. Mais se peut-il que, dans le cas du Parti québécois, cela soit différent ?
Les déboires des libéraux passeront à l’histoire puisqu’ils ont réussi l’exploit de faire sortir l’UPAC alors qu’ils ne sont même pas au pouvoir. Pablo Rodriguez a mis dehors du caucus la seule députée véritablement appréciée du parti, Marwah Rizqy. Qu’à cela ne tienne, il persiste et signe. Il n’est au courant de rien. Comme à la belle époque de la commission Charbonneau.
Quant à la CAQ, on voit mal comment François Legault réussira à obtenir un troisième mandat. Peu importe qu’il applique actuellement un programme musclé en matière de laïcité et d’immigration, le mal est déjà fait. Les gens ont en tête la gestion calamiteuse de la crise du logement, des travailleurs temporaires, alors qu’il y a quelques années, il parlait rien de moins de « louisianisation » du Québec.
Mais c’est surtout le naufrage des grands projets énergétiques, avec Northvolt et Lion Électrique, que le verre déborda. Des milliards gaspillés dans des projets qui semblaient être des paris sur l’avenir. Or, on ne devrait pas constamment miser l’argent des contribuables comme si l’on jouait à la bourse ou au casino. On le voit avec la remise en question de plus en plus fréquente des mesures environnementalistes partout dans le monde. L’écologie punitive atteint ses limites d’acceptabilité sociale, et les voitures électriques sont considérées par un bon nombre de nos concitoyens comme des citrons.
Dans ce contexte, Paul St-Pierre Plamondon, alias PSPP, sauvera-t-il le PQ de la mort à laquelle on le condamnait il y a quelques années ? C’est fort possible qu’il réussisse un exploit peu commun : passer d’une poignée de députés, de mousquetaires, à un gouvernement majoritaire. Ce qui n’est pas arrivé depuis des années. Mais il est encore trop tôt pour s’avancer. Les élections sont en octobre prochain.
Les médias sont déjà sur le cas PSPP. Il est qualifié de bouillant, de soupe au lait, d’intransigeant. François Legault l’a qualifié d’arrogant, car celui-ci lui aurait proposé de faire des élections anticipées. Donc, que ces qualificatifs soient vrais ou non, PSPP doit faire attention au ton qu’il emploiera, pour ne pas avoir à rétropédaler par la suite. On l’a vu avec les artistes : il avait raison sur le fond, et peut-être même sur la forme, mais le problème, c’est l’image publique projetée par les médias et les adversaires qui compte. Il devra tenir compte de cette hostilité grandissante de gens qui se sentent menacés dans leur position confortable.



