Liberté d’expression : les anglais ont raison de se battre pour leur héritage

À Londres, de récentes manifestations contre l’immigration massive et pour la défense de la liberté d’expression témoignent d’un climat de plus en plus tendu au Royaume-Uni. Des arrestations auraient même eu lieu pour des citoyens accusés d’avoir partagé… des mèmes. Par le passé, le premier ministre écossais envisage de criminaliser certains propos dits « haineux » même lorsqu’ils sont tenus dans un cadre privé, familial. Un pas de plus vers un contrôle social qui inquiète. Comment en est-on arrivé là ?

Les manifestants, pour exprimer leur patriotisme, ont hissé le drapeau de Saint-Georges et l’Union Jack sur des lampadaires et dans l’espace public. Un geste qui, pour eux, se veut un cri de fierté nationale, mais qui est dénoncé par leurs opposants comme l’expression d’un nationalisme raciste et colonial. L’argument revient comme un mantra : afficher son identité anglaise, ce serait déjà une menace pour les minorités.

Pourtant, l’histoire du Royaume-Uni raconte une autre réalité. Ce pays a longtemps été une démocratie robuste, capable même de tourner la page sur Winston Churchill, héros de guerre, en l’écartant du pouvoir par les urnes. Il a vu naître une scène musicale d’une liberté débridée, des Beatles aux Rolling Stones, de Black Sabbath aux Sex Pistols — ces derniers allant jusqu’à se moquer ouvertement de la reine. Une telle effervescence artistique aurait-elle été possible sous un régime autoritaire, comme en Iran ou en Afghanistan ?

Aujourd’hui, des citoyens britanniques peuvent être arrêtés pour « délits d’opinion ». La liberté d’expression, pierre angulaire de la culture anglaise depuis l’époque des Lumières, se trouve grignotée par un appareil politique et bureaucratique obsédé par la gestion du discours public. Le Royaume-Uni, jadis pionnier en matière de libéralisme et de liberté de la presse, risque de trahir son héritage.

Car c’est précisément cette liberté qui a fait sa force face aux autres puissances européennes. Et c’est ce qui, encore aujourd’hui, devrait unir les Britanniques au-delà de leurs différences. Les élites technocratiques peuvent bien vouloir redéfinir les contours du débat public ; le peuple, lui, n’a pas à renoncer à ses droits fondamentaux.

Si le Royaume-Uni se résigne à cette dérive, ce ne sera pas seulement une affaire intérieure. Ce qui tombera à Londres tombera bientôt ailleurs. C’est pourquoi les Anglais doivent se réapproprier leur héritage de liberté — et refuser que la peur, la censure et l’arbitraire deviennent la norme.

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