L’immigration n’est pas une question morale ; de plus en plus d’immigrants eux-mêmes demandent une réduction des seuils


L’immigration comme enjeu politique enflamme les débats partout dans le monde. Récemment, au Japon, la nouvelle première ministre Sanae Takaichi a décidé de serrer la vis aux travailleurs étrangers temporaires ainsi qu’à ceux qui prolongent illégalement leur séjour. Une décision rapide et tranchée dans une société où à peine 3 % des résidents sont d’origine étrangère. Pendant ce temps, au Québec et au Canada, on semble toujours préférer manier le dossier avec des pincettes.

Un sondage publié dans le National Post révèle qu’au Québec, le taux de confiance envers les réfugiés serait le plus élevé au pays : près de 42 % de la population dit faire confiance au système et aux personnes fuyant leur pays pour diverses raisons. Plus surprenant encore, seulement 28 % des immigrants eux-mêmes disent faire confiance aux réfugiés.

Comme quoi les demandeurs d’asile sont perçus par un nombre croissant d’immigrants comme peu crédibles ou peu légitimes. Les données démontrent aussi que la critique de l’immigration — qu’elle soit idéologique ou économique — n’est pas l’apanage des « hommes blancs conservateurs », contrairement au récit prêté par certains milieux militants.

Si les femmes se montrent généralement moins méfiantes, le portrait est beaucoup plus nuancé que ce que la gauche radicale aime laisser croire. Parmi les personnes non blanches, seulement 26 % font confiance aux demandeurs d’asile. Un nombre grandissant estime par ailleurs que le logement et les services publics sont sous pression en raison des politiques migratoires des libéraux.

Pour les partisans les plus zélés de Québec solidaire, critiquer l’immigration équivaut souvent à manquer de cœur ou à détester ceux qui ne sont pas « d’ici ». Pourtant, comme le répète Paul St-Pierre Plamondon, des services publics dégradés ne profitent à personne — ni à ceux qui ont des ancêtres en Nouvelle-France, ni à ceux arrivés il y a cinq ans.

Dans les centres urbains, on observe d’ailleurs une baisse du prix des loyers. Cela s’explique notamment par la réduction du nombre de travailleurs temporaires, d’étudiants étrangers et d’immigrants économiques. D’autres, en raison de lois sur la laïcité plus strictes, choisissent de quitter ou de s’établir dans d’autres provinces. Enfin, certains qui souhaitaient s’installer ici ont renoncé devant les politiques changeantes.

Il faudra bien, un jour, arrêter de diaboliser ceux qui critiquent les politiques migratoires libérales. Un militant solidaire cohérent avec ses valeurs de gauche devrait au contraire se réjouir de la baisse des loyers et du ralentissement des arrivées. Mais cela semble encore trop demander à ceux qui peinent à saisir les principes élémentaires de l’offre et de la demande.

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