Il y a des décisions diplomatiques qui passent inaperçues, et d’autres qui provoquent un malaise immédiat. La nomination récente de la République islamique d’Iran à un comité des Nations unies chargé de questions sensibles comme les droits humains, les droits des femmes, le désarmement et la prévention du terrorisme appartient clairement à la seconde catégorie.
Dans un texte publié le 11 avril 2026 dans The Blogs du The Times of Israel, l’analyste Catherine Perez-Shakdam s’est livrée à une critique virulente de cette décision, qu’elle décrit comme une contradiction flagrante au regard du bilan du régime iranien.
Une nomination qui suscite l’indignation
Selon Perez-Shakdam, la République islamique d’Iran — qu’elle accuse de violations systématiques des droits fondamentaux — se voit désormais appelée à contribuer aux orientations d’un comité onusien traitant précisément de ces enjeux.
Elle souligne notamment que ce comité touche à des domaines aussi sensibles que les droits des femmes, les droits de la personne, le désarmement et la lutte contre le terrorisme. Pour l’auteure, cette nomination illustre ce qu’elle considère comme une incohérence profonde du système multilatéral.
Un réquisitoire contre le régime iranien
Dans son texte, Catherine Perez-Shakdam dresse un portrait extrêmement critique du régime iranien.
Elle évoque notamment le traitement des femmes en Iran, en citant des événements récents comme la mort de Mahsa Amini, devenue un symbole international après avoir été arrêtée par la police des mœurs. L’auteure rappelle également les restrictions imposées aux femmes et les mesures de répression visant celles qui contestent ces règles.
Sur le plan des droits humains, elle affirme que les autorités iraniennes recourent à des pratiques telles que la détention arbitraire, la torture et la répression de diverses minorités, incluant des groupes ethniques et religieux.
Désarmement et terrorisme : des accusations lourdes
La présence de l’Iran dans un comité lié au désarmement et à la prévention du terrorisme apparaît particulièrement controversée.
Perez-Shakdam accuse le régime de soutenir et financer plusieurs groupes armés au Moyen-Orient, dont Hezbollah et d’autres organisations actives dans la région. Elle évoque également les programmes balistiques et les activités militaires de l’Iran, qu’elle présente comme incompatibles avec un rôle consultatif en matière de désarmement.
Une logique politique propre à l’ONU
L’auteure attribue cette nomination à des dynamiques politiques internes aux Nations unies. Selon elle, les votes au sein de l’organisation reposent souvent sur des alliances entre États plutôt que sur des considérations morales ou normatives.
Dans son analyse, Perez-Shakdam soutient que ces logiques de blocs permettent à des régimes controversés d’accéder à des postes influents, en échange de soutiens diplomatiques mutuels.
Le cas du Canada : une absence d’opposition
Dans ce contexte, il est à noter que le Canada siège sur ce comité et ne s’est pas opposé à la nomination de l’Iran, contrairement aux États-Unis, qui ont exprimé leur désaccord.
Cette position soulève des questions quant à l’attitude d’Ottawa face à ce type de décision au sein des institutions internationales, en particulier dans un contexte où le Canada se présente traditionnellement comme un défenseur des droits de la personne.
Une critique plus large du système international
Au-delà du cas iranien, le texte de Catherine Perez-Shakdam s’inscrit dans une critique plus globale du fonctionnement des Nations unies.
L’auteure évoque des précédents où des États accusés de violations graves ont occupé des postes similaires au sein d’organes liés aux droits humains ou à la sécurité internationale. Elle y voit un symptôme d’un système où les principes affichés entrent parfois en contradiction avec les réalités politiques.
Une décision qui continue de faire débat
La nomination de l’Iran à ce comité de l’ONU s’inscrit dans une série de controverses entourant le fonctionnement des institutions internationales.
Alors que certains y voient une conséquence inévitable du multilatéralisme et des équilibres diplomatiques, d’autres — comme l’auteure — y perçoivent une atteinte à la crédibilité même des principes que ces institutions sont censées défendre.



