D’après un article de Stewart Lewis publié dans le National Post le 15 juillet 2025
Une étude récente publiée dans le Canadian Medical Association Journal révèle que la prévalence de l’obésité au Canada a bondi de 7,74 % depuis le début de la pandémie de COVID-19. Cette croissance rapide soulève de sérieuses préoccupations en matière de santé publique et appelle à des investissements urgents en recherche et en interventions.
Comme le rapporte Stewart Lewis, les chercheurs Laura N. Anderson, Rabiul Islam et Arthur Sweetman ont analysé des données issues de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, couvrant les années 2009 à 2023. Ils ont comparé les tendances pré-pandémie (2009-2020) et pendant la pandémie (2020-2023), et constaté une accélération notable de la prévalence de l’obésité au cours de cette dernière période.
Les auteurs de l’étude expliquent que « la pandémie a entraîné des changements sans précédent et rapides dans le quotidien des Canadiens », notamment une augmentation du temps passé assis, une réduction de l’activité physique, des régimes alimentaires moins sains, l’insécurité alimentaire, le stress, des problèmes de santé mentale et l’aggravation de facteurs socioéconomiques comme la perte d’emploi ou la hausse du coût de la vie. « Bon nombre de ces facteurs sont associés à un risque accru de développer l’obésité », précisent-ils.
Selon les chiffres rapportés par Stewart Lewis, en 2023, 32,69 % des adultes au Canada – soit environ 10,6 millions de personnes – affichaient un indice de masse corporelle (IMC) de 30 ou plus (ou 27,5 pour les personnes d’origine asiatique), contre 24,95 % en 2009. Cela représente une hausse absolue de près de 8 %, concentrée en grande partie durant les quatre années suivant l’arrivée du virus.
Toujours selon l’article de Stewart Lewis, les chercheurs ont constaté que certains groupes ont été plus affectés que d’autres, notamment les femmes et les jeunes adultes. Ils s’interrogent sur l’impact de la pandémie sur ces sous-groupes, évoquant entre autres l’augmentation du stress lié aux responsabilités professionnelles et familiales.
Les auteurs de l’étude reconnaissent par ailleurs les limites de l’IMC comme outil de mesure de l’obésité. Toutefois, ils estiment qu’il reste un indicateur pertinent pour le dépistage et la surveillance à l’échelle de la population. Des seuils spécifiques ont été appliqués pour les Canadiens d’origine sud-asiatique, chinoise, philippine, coréenne et japonaise, conformément aux recommandations actuelles.
Quant aux médicaments amaigrissants comme Ozempic ou Wegovy, Stewart Lewis signale qu’ils ont été introduits au Canada durant la période étudiée, mais qu’ils étaient peu accessibles pour le traitement de l’obésité. Les chercheurs doutent qu’ils aient eu un effet significatif jusqu’ici, et soulèvent des interrogations sur leur efficacité à long terme pour renverser la tendance.
Enfin, les auteurs appellent à de nouvelles recherches pour comprendre si cette hausse spectaculaire se poursuivra ou s’il s’agissait d’un effet temporaire lié à la pandémie. Selon eux, les gouvernements doivent traiter l’obésité comme une urgence de santé publique et y consacrer les ressources nécessaires.



