BBC London et PA Media rapportent qu’un incident survenu devant le consulat de Turquie à Londres continue de susciter un débat sensible sur la liberté d’expression et la violence religieuse. Le 23 septembre 2025, la Southwark Crown Court a condamné Moussa Kadri, 59 ans, à 20 semaines de prison avec sursis pendant 18 mois, assorties de 150 heures de travaux communautaires et de dix jours de réhabilitation. Le juge Adam Hiddleston a qualifié sa réaction de « disgracieuse » et rappelé que « l’usage des lames est une malédiction pour notre communauté ».
Les faits remontent au 13 février, lorsque Hamit Coskun, 51 ans, s’était rendu à Knightsbridge depuis les Midlands pour incendier un exemplaire du Coran tout en criant « Islam is religion of terrorism ». Kadri, témoin de la scène, s’était approché pour l’interpeller avant de revenir sur place armé d’un couteau. Interpellé par la police, il a expliqué avoir voulu « protéger sa religion ».
En juin, Coskun a lui-même été condamné par Westminster Magistrates’ Court pour infraction d’ordre public aggravée par la motivation religieuse. Le juge John McGarva a jugé son geste « hautement provocateur » et animé « au moins en partie par une haine des musulmans ». Coskun a interjeté appel, soutenu par la National Secular Society et le Free Speech Union.
Les réactions au verdict de Kadri n’ont pas tardé. Lord Young, du Free Speech Union, a estimé que la clémence du tribunal envoie « un feu vert » à ceux qui voudraient imposer par la violence une interdiction de blasphémer. Stephen Evans, directeur de la National Secular Society, a pour sa part affirmé que « la liberté d’expression ne devrait jamais être confrontée à la violence ».
Ce double dossier judiciaire illustre les tensions grandissantes au Royaume-Uni entre la protection de l’expression, y compris provocatrice, et la nécessité de préserver l’ordre public face aux violences qu’elle peut engendrer.



