Lutte contre les réseaux de passeurs à la frontière canadienne : une priorité pour les États-Unis

Le 4 septembre 2025, Alanna Durkin Richer et Curt Anderson de l’Associated Press dans un article publié dans le National Post, rapportent que le département de la Justice des États-Unis intensifie sa lutte contre les réseaux de passeurs opérant à la frontière nord, entre les États-Unis et le Canada. Les journalistes expliquent que Washington redoute de plus en plus l’implantation de réseaux criminels sophistiqués, souvent liés aux cartels, qui profitent de la détresse de migrants pour les faire entrer illégalement dans le pays.

Créée en 2021, la Joint Task Force Alpha a initialement été chargée de démanteler les réseaux de passeurs actifs à la frontière sud avec le Mexique. Selon Richer et Anderson, cette unité a déjà mené des centaines d’enquêtes et de poursuites, et voit désormais son mandat élargi au nord. Le département de la Justice précise que des procureurs spécialisés de la division criminelle vont collaborer avec les bureaux des procureurs fédéraux du Vermont et du district nord de New York afin d’intensifier les poursuites.

La procureure générale Pam Bondi a affirmé avec fermeté lors d’une conférence de presse à Tampa, en Floride : « Si vous vous engagez dans la traite d’êtres humains, vous serez trouvés, poursuivis et traduits en justice. »

Les auteurs rapportent que les méthodes des passeurs sont particulièrement inquiétantes. Dans une affaire récente, des enfants auraient reçu des bonbons imprégnés de THC pour les endormir avant la traversée. Dans d’autres dossiers, les migrants ont payé jusqu’à 40 000 dollars pour franchir la frontière illégalement. Une enquête mentionnée par les journalistes a révélé plus de 7 millions de dollars échangés via l’application de transfert Zelle.

Les drames liés à ce commerce sont nombreux. Richer et Anderson rappellent qu’en 2022, 53 migrants ont trouvé la mort dans un camion surchauffé au Texas, un des épisodes les plus meurtriers liés au trafic d’êtres humains aux États-Unis. Deux des passeurs impliqués ont été condamnés en juin dernier à la prison à perpétuité.

Au nord, le danger n’est pas moindre. Michael Drescher, procureur par intérim du district du Vermont, souligne que « les traversées illégales impliquent souvent de longues marches dans des forêts ou marécages hostiles et dangereux ». L’affaire tragique survenue en 2023, lorsque le bateau de Casey Oakes a sombré dans le fleuve Saint-Laurent, entraînant la mort d’une famille roumaine et la sienne, illustre ce risque mortel.

Enfin, Richer et Anderson indiquent que les autorités américaines ont récemment accusé une femme d’avoir transporté des migrants venus du Guatemala, du Honduras, du Mexique et du Salvador après leur passage clandestin depuis le Canada. Pour les procureurs, il s’agit d’un système d’exploitation organisé, où la vulnérabilité des personnes désespérées est utilisée comme une marchandise.

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