Lors d’une conférence de presse tenue à West Kelowna, en Colombie-Britannique, le premier ministre Mark Carney a laissé entendre que son gouvernement pourrait abroger ou modifier la Loi sur les nouvelles en ligne (anciennement projet de loi C-18), dans le but de favoriser une diffusion plus large et rapide de l’information locale. Christopher Nardi, auteur de l’article dans le National Post, rapporte que cette déclaration intervient deux ans après que Meta a interdit le partage d’articles de presse sur ses plateformes canadiennes en guise de représailles à la législation.
Carney a fait cette annonce inattendue alors qu’il dévoilait un soutien gouvernemental de plus d’un milliard de dollars, sous forme de prêts garantis et d’aides à long terme, destiné à l’industrie canadienne du bois d’œuvre. Il a d’abord pris le temps de souligner l’impact dévastateur des feux de forêt de l’été, dont un qui a récemment forcé l’évacuation de quelque 400 propriétés dans la région de West Kelowna.
Interrogé sur la possibilité de remplacer ou de retirer la loi afin que Meta mette fin à son blocage des nouvelles, Carney a affirmé que cela faisait « partie de notre réflexion » pour améliorer l’accès à l’information locale. « Ce gouvernement croit profondément en la valeur des nouvelles locales et en l’importance de les rendre accessibles aussi largement et rapidement que possible », a-t-il déclaré.
Cependant, comme le souligne Christopher Nardi, le bureau du premier ministre n’a pas immédiatement précisé quelles avenues concrètes étaient envisagées pour atteindre cet objectif.
Rappelons que la Loi sur les nouvelles en ligne oblige les grandes plateformes, telles que Meta et Google, à conclure des accords de partage des revenus avec les médias pour la diffusion de leur contenu. En réponse, Meta a choisi de bloquer complètement les nouvelles au Canada, tandis que Google a opté pour une entente financière de 100 millions de dollars par an avec des éditeurs canadiens.
Meta conteste depuis longtemps cette loi, affirmant qu’elle repose sur un « faux postulat » selon lequel la plateforme tirerait avantage du contenu des médias, alors que ce seraient plutôt ces derniers qui profiteraient de la visibilité offerte par Facebook et Instagram.
L’article rappelle aussi que Justin Trudeau, alors premier ministre en 2023, avait vertement critiqué Meta pour avoir bloqué les nouvelles en pleine saison des feux de forêt. Il accusait le géant du web de « privilégier les profits aux dépens de la sécurité des gens », au moment même où la population avait besoin d’informations locales cruciales.
Par ailleurs, Christopher Nardi souligne que Mark Carney a réaffirmé, durant la même conférence, sa promesse électorale de rehausser de 150 millions $ par année le financement de CBC/Radio-Canada et de revoir sa gouvernance. L’objectif : permettre à la société d’État de mieux répondre aux besoins d’information immédiate, locale et impartiale, particulièrement en période de crise comme celle que traverse actuellement la Colombie-Britannique.



