Deux drames récents aux États-Unis envoient un signal clair : notre monde glisse vers une banalisation inquiétante de la violence. À Charlotte, une réfugiée ukrainienne de 23 ans, Iryna Zarutska, a été froidement poignardée dans le métro par un sans-abri instable. Quelques jours plus tard, en Utah, le chroniqueur conservateur Charlie Kirk s’est écroulé sous les balles lors d’une conférence publique.
Ces scènes atroces, filmées et diffusées sans filtre sur les réseaux sociaux, ne choquent même plus les bien-pensants dans une société blasée. Dans le métro, des passagers sont restés immobiles, spectateurs d’un meurtre. En ligne, certains se réjouissent déjà de la mort d’un adversaire politique. Voilà où nous en sommes.
Le laxisme judiciaire, l’abandon des malades mentaux dangereux, la polarisation politique : tout concourt à faire exploser la violence. On préfère détourner le regard plutôt que d’admettre la réalité. Et ici même, au Québec, des agressions gratuites se multiplient – à Sherbrooke récemment, cinq jeunes ont attaqué des passants au hasard. Silence radio.
Il est temps d’arrêter de se bercer d’illusions. Le danger n’est pas qu’aux États-Unis. Il est chez nous. Dans nos rues, dans nos métros, dans nos écoles. La société est en train de perdre sa capacité à protéger les innocents et à discuter sans haine.
Quand des jeunes femmes meurent dans l’indifférence générale, quand des personnalités publiques sont abattues sous les applaudissements de leurs détracteurs, ce n’est pas seulement de la violence : c’est le signe d’une civilisation qui vacille.



