Montée de l’option indépendantiste chez les jeunes : qu’est-ce que cela signifie ?

Un récent sondage CROP–La Presse a dévoilé aujourd’hui que 56 % des jeunes sont désormais favorables à l’indépendance du Québec. Si certains aimeraient y voir un simple phénomène passager, pour les leaders du camp indépendantiste, il s’agit d’une remontée inédite depuis le référendum de 1995 ou encore le scandale des commandites.

Une des raisons évoquées par les jeunes interrogés dans l’article est le sentiment que le Canada est incapable d’agir en leur faveur. Si le Canada, avec les libéraux à sa tête, est incapable de protéger les jeunes de l’inflation, de la crise du logement et de la hausse des tarifs, pourquoi mériterait-il leur appui, se disent-ils. De plus, contrairement à une croyance fermement ancrée, même chez certains indépendantistes, les jeunes ne sont pas rebutés par un programme dit identitaire, même s’il demeure très modéré par rapport à ce qui se fait en Europe.

Autre donnée intéressante : 22 % des non-francophones appuient l’indépendance. Cela peut sembler insuffisant pour les stratèges d’un futur camp du Oui, mais il s’agit, pour cette démographie, d’une hausse marquée par rapport au référendum de 1995. À l’époque du référendum mené par le trio Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Mario Dumont, les allophones avaient voté à plus de 95 % pour le Non, et les anglophones à 99 %.

Il faut voir dans ces chiffres, comme pour les jeunes, une nette progression depuis la pandémie. De plus, les fédéralistes ont du souci à se faire : André Pratte tire la sonnette d’alarme en soulignant le manque de relève dans le camp du Non. Sur les réseaux sociaux, les jeunes sont beaucoup plus actifs pour l’indépendance que pour promouvoir le Canada. L’ancien rédacteur en chef de La Presse affirme que ce ne sera pas sa génération qui pourra mener seule le camp fédéraliste.

Or, peu de personnalités charismatiques semblent émerger chez les partisans du Canada. Antoine Dionne-Charest ? Celui qui a raté son entrée dans la vie publique, même s’il est le fils d’un ancien premier ministre ? Ou Émilie Nicolas ? Que l’on retient davantage pour sa mauvaise foi que pour la qualité de son argumentation en faveur du Canada.

Cependant, rien n’est encore gagné chez les jeunes. Ils devront se mobiliser pour faire sortir le vote en octobre 2026 pour le Parti Québécois — et pour les ruines fumantes de Québec solidaire, ou du moins ce qu’il en restera. Les personnes âgées, généralement plus fédéralistes, recherchent avant tout la stabilité. Et c’est cette tranche d’âge qui vote le plus. Un défi certes, mais pas insurmontable pour des jeunes technophiles, à l’aise avec les réseaux sociaux. Seul l’avenir dira s’ils réussiront.

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