Une intervention militante musclée survenue jeudi soir à Montréal relance les inquiétudes entourant la liberté d’expression au Québec. Selon une source bien informée ayant contacté Québec Nouvelles, des dizaines de militants antifascistes auraient pris pour cible les studios de Nomos-TV, une webtélé associée à la droite nationaliste, afin d’empêcher la diffusion d’une émission en direct.
Les faits se seraient déroulés dans le quartier du Plateau-Mont-Royal, dans un immeuble résidentiel où sont situés les studios. Toujours selon cette source, plusieurs dizaines d’individus affiliés au « Front antifasciste populaire » auraient encerclé les lieux, créant un climat d’intimidation non seulement pour les artisans de l’émission, mais également pour les résidents de l’immeuble.
L’animateur Alexandre Cormier-Denis aurait été directement visé. À son arrivée, des militants auraient tenté de l’empêcher de sortir de son véhicule, avant d’y apposer divers autocollants, dont certains comportaient des messages violents. La scène se serait déroulée alors que le véhicule était entouré de manifestants.
La situation aurait ensuite dégénéré davantage. Des militants masqués auraient suivi Cormier-Denis à vélo lorsqu’il a quitté les lieux, mettant fin à la poursuite uniquement lorsqu’ils ont constaté qu’il se dirigeait vers un poste de police. Parallèlement, certains individus auraient tenté de s’introduire dans les studios, une action qui aurait finalement été empêchée.
L’intervention policière, elle, aurait été tardive. Selon les informations transmises à Québec Nouvelles, les forces de l’ordre auraient mis plus d’une heure avant d’intervenir de manière effective, malgré leur présence sur les lieux.
Malgré ces perturbations, l’émission aurait finalement été enregistrée ailleurs, après un retard important.
Présence d’un journaliste de Radio-Canada
Un autre élément soulève des questions. Toujours selon la même source, Olivier Arbour-Masse, associé à Rad — une plateforme de Radio-Canada — se trouvait déjà sur place au moment des événements.
Il aurait tenté d’interviewer Alexandre Cormier-Denis alors que ce dernier était entouré de militants. Cette présence simultanée alimente des interrogations sur le contexte dans lequel se trouvait le journaliste au moment des faits.
Un appui qui soulève des questions
Dans la foulée de l’événement, Jonathan Durand Folco a publiquement exprimé sa solidarité envers le « Front antifasciste populaire », appuyant une action visant à perturber un enregistrement médiatique.
Cette prise de position soulève des questions sérieuses quant à son rôle comme professeur d’université. Elle relance également les critiques récurrentes sur une certaine complaisance, voire une proximité idéologique, entre milieux universitaires et militantisme antifasciste radical.
Un laisser-faire qui interroge
Ce qui s’est produit à Montréal ne relève pas d’un simple incident isolé, mais s’inscrit dans une dynamique plus large que nous documentons depuis des mois. Aux États-Unis, certains réseaux antifascistes ont été officiellement désignés comme organisations terroristes, en raison de leurs méthodes et de leur recours assumé à la confrontation violente.
Au Canada, pourtant, la classe politique — en particulier sous gouvernance libérale — refuse toujours de faire ce travail de clarification. Pire encore, certaines politiques publiques continuent de s’appuyer sur des analyses et des cadres idéologiques issus de ces milieux militants, malgré leur radicalisation croissante.
Dans ce contexte, les événements de Montréal prennent une portée particulière. Lorsqu’un groupe peut tenter d’empêcher physiquement la tenue d’une émission, recevoir des appuis dans le milieu universitaire et évoluer sans réelle conséquence politique, la question n’est plus seulement celle de la liberté d’expression — mais bien celle de la capacité de nos institutions à tracer une ligne claire entre contestation et intimidation.



