Mosquée illégale à Anjou : l’arrondissement mandate ses avocats

Montréal, Anjou — Le conseil d’arrondissement d’Anjou a tranché le 8 juillet dernier : le Service des affaires juridiques de la Ville de Montréal est officiellement mandaté pour intenter les procédures nécessaires, incluant le recours à une injonction, afin de faire cesser l’usage illégal de locaux transformés en lieu de culte au 8750 et 8790 boulevard Métropolitain Est.

Un usage jugé illégal par la Cour municipale

Le dossier traîne depuis plusieurs mois. L’Association sociale éducative et culturelle (ASEC) avait déjà été reconnue coupable, le 17 juillet 2024, par la Cour municipale de Montréal d’avoir utilisé le local du 8750 Métropolitain Est comme lieu de culte, en dérogation de la réglementation municipale. La Cour avait confirmé que cet usage n’était pas autorisé dans la zone C-301.

Or, malgré ce jugement, de nouvelles inspections ont révélé que l’ASEC avait poursuivi ses activités religieuses non seulement dans le 8750, mais aussi dans le local adjacent du 8790. Les autorités ont donc transmis des mises en demeure, tant à l’association qu’au propriétaire 129867 Canada inc., pour exiger la cessation de l’usage et le retrait des installations (chaire de l’imam, estrade, etc.). Ces avis, signifiés le 27 mai 2025, n’ont pas été suivis d’effet. Une inspection en date du 13 juin a confirmé la persistance des activités.

La décision du conseil d’Anjou

Face au refus de se conformer, les élus ont adopté à l’unanimité la résolution CA25 12132, proposée par la conseillère Kristine Marsolais et appuyée par le conseiller Richard L. Leblanc. L’arrondissement entend ainsi aller de l’avant avec des procédures judiciaires plus contraignantes, dont l’injonction, afin de forcer la fermeture du lieu de culte non autorisé.

« L’usage ‘lieu de culte’ n’est pas permis dans ce secteur. Nous devons faire respecter la réglementation », a résumé le maire d’arrondissement Luis Miranda lors de la séance.

Manifestations citoyennes

Sur le terrain, l’affaire a déjà mobilisé des citoyens. Un résident, qui a manifesté devant les locaux du 8750-8790 Métropolitain Est, affirme dans un courriel transmis à notre rédaction que son objectif est clair : « fermer ce centre où des centaines de personnes hommes, femmes et enfants s’y rendent pour prier ». Il se félicite de l’encadrement offert par le SPVM et la Ville lors de la première manifestation et annonce son intention de revenir protester à nouveau vendredi prochain.

Son message exprime aussi une inquiétude plus large : « Je fais ma part afin que le Québec ne devienne pas une République islamique telle que la France », écrit-il.

Un dossier sensible

Cette controverse met en lumière la complexité des enjeux liés à l’aménagement du territoire et à la cohabitation urbaine. Si la liberté de culte est protégée, elle doit néanmoins s’exercer dans le respect des règlements municipaux et des zones d’affectation établies.

Du côté de l’ASEC, aucune déclaration publique n’a encore été rapportée depuis la décision du conseil. L’affaire suivra désormais son cours devant les tribunaux, où la Ville tentera de faire respecter l’interdiction d’un usage religieux dans ces locaux.

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