De nouvelles données publiées par Statistique Canada montrent un changement démographique majeur : en 2024, plus de 40 % des naissances au pays provenaient de mères nées à l’étranger, comme le rapporte Jordan Fleguel de CTV News. En 1997, cette proportion n’était que de 22,5 %, montrant à quel point la dynamique des naissances s’est transformée au fil des décennies. L’étude révèle aussi qu’en 2024, 57 % des nouvelles mères âgées de plus de 40 ans étaient immigrantes, ce qui souligne une dépendance croissante envers l’immigration dans une population vieillissante.
Les naissances de mères immigrantes sont passées de 78 785 en 1997 à 154 687 en 2024, avec une seule interruption notable : une baisse de 2,3 % entre 2019 et 2020 au début de la pandémie. Mais entre 2022 et 2024, l’arrivée massive de nouveaux arrivants a entraîné une hausse rapide du nombre de naissances issues de mères nées à l’étranger : +3,4 %, +8,9 % puis +11,7 %. Pendant ce temps, les naissances de mères nées au Canada ont connu une trajectoire marquée par un long déclin, une brève reprise entre 2002 et 2009, puis une nouvelle chute amplifiée par la crise financière et la pandémie. Après un léger rebond en 2021, la tendance baissière a repris : –8,6 % en 2022, –6 % en 2023 et –1,4 % en 2024.
Statistique Canada souligne que, sans l’apport des mères immigrantes, les naissances au pays auraient commencé à reculer fortement dès 2010. Mais loin de stabiliser durablement la situation, cette dépendance croissante indique surtout un déséquilibre profond entre les tendances démographiques des Canadiennes nées au pays et celles des nouvelles arrivantes. Une réalité qui soulève des questions importantes sur l’avenir des politiques familiales, la capacité d’accueil et les pressions sociales qui influencent le choix d’avoir des enfants.



