Ottawa laisse planer l’incertitude sur les tarifs de 100 % contre les véhicules chinois

La Presse canadienne, par la plume de Nick Murray, rapporte que le gouvernement fédéral maintient une ambiguïté autour de la révision des surtaxes de 100 % imposées aux véhicules électriques chinois. Prévue un an après leur entrée en vigueur en octobre 2024, cette révision est désormais qualifiée d’« informelle », sans échéancier précis. Ce flou alimente l’incertitude au sein de l’industrie automobile et pèse sur les relations commerciales avec Pékin.

Nick Murray explique que ces droits de douane avaient pour but de contrer une surproduction subventionnée par la Chine, accusée de vouloir saturer les marchés mondiaux. En représailles, Pékin a frappé le canola canadien de lourdes taxes.

La confusion s’est accentuée lorsque le premier ministre Mark Carney a confondu, en conférence de presse, la révision des surtaxes avec celle du mandat fédéral sur les ventes de véhicules électriques. François-Philippe Champagne, ministre des Finances, a confirmé que l’examen des tarifs avait débuté, tout en refusant de préciser une date ou de donner un cadre officiel.

Les acteurs de l’automobile exigent le maintien des surtaxes pour protéger la production canadienne, alors que des groupes environnementaux souhaitent leur assouplissement pour accroître la concurrence et faciliter l’accès aux VE. Doug Ford, premier ministre ontarien, a lui-même exhorté Carney à maintenir les surtaxes, au nom de la protection des chaînes d’approvisionnement nord-américaines.

Sur le plan diplomatique, Murray note que le Canada multiplie les gestes d’ouverture envers la Chine : visite prévue d’Anita Anand en octobre, rencontre de Carney avec son homologue Li Qiang à l’ONU, ou encore déplacements de députés et premiers ministres provinciaux. Chris Davison, du Conseil canadien du canola, affirme percevoir « de bons signes » de réengagement, tout en rappelant que la décision reste éminemment politique.

La révision promise demeure donc entourée d’incertitudes : ni date de début claire, ni échéancier précis, dans un dossier où s’entremêlent enjeux industriels, environnementaux et diplomatiques.

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