Pas facile la transition énergétique : voici pourquoi le plan des élites mondiales ne peut pas marcher

Nos gouvernements souhaitent tous faire ce qu’on nomme la transition énergétique. Passer des énergies fossiles à une économie « décarbonée ». Est-ce vraiment possible de le faire sans des coûts sociaux drastiques? Non, pas vraiment. À moins de vouloir revenir aux premières semaines de la pandémie, où, en effet, les émissions ont baissé. Mais à quel prix? Quelques réflexions sur un sujet tabou.

Le gouvernement fédéral souhaite abolir la vente de voitures à essence d’ici 2035. Un objectif très ambitieux, peut-être même trop. Car, connaissez-vous tant que ça des gens prêts à acheter une voiture électrique? Celles-ci sont moins fiables, ont moins d’autonomie, et coûtent plus cher généralement que celles à essence. Dans une économie où ça va mal pour nos finances personnelles, c’est beaucoup.

Il est fort probable que d’ici 2035, le gouvernement canadien ait depuis longtemps aboli cette cible. Car les conservateurs seront d’ici là au pouvoir, et nous avons le temps de voir l’eau couler sous les ponts. Bien sûr, c’est dans 11 ans, mais nous aurons l’occasion de voir beaucoup de choses évoluer. On dit que quelques mois sont une éternité en politique. Que dit-on de plus d’une décennie?

Donald Trump a affirmé vouloir sortir les États-Unis des accords sur le climat. À quelque part, cela est compréhensible. Pourquoi continuer à imposer des cibles irréalistes, alors que l’Inde et la Chine continuent d’augmenter leurs émissions de carbone? Le Canada, les États-Unis et l’Europe ont tous réduit leurs émissions. Mais pas les pays dits « émergents ». Un autre paradoxe.

Dans un tel contexte, on peut comprendre pourquoi nous ne pouvons nous en permettre davantage. Il faudrait baisser drastiquement notre niveau de vie. On se souvient tous des premières semaines de la pandémie : nous étions confinés à la maison, et les sorties étaient très limitées. À ce moment, les émissions ont tellement baissé que des écologistes se sont dit qu’il était possible de changer.

Mais à quel prix? Tenez-vous absolument à rester chez vous sans sortir? Ou bien à être limité au vélo pour faire vos commissions ? Ne pas pouvoir acheter ce que vous voulez? Personne ne veut ça. Même les artistes qui font la morale en matière d’environnement ne peuvent se passer de leurs nombreux voyages annuels dans des destinations exotiques. Ou d’assister au Superbowl en prenant un avion nolisé.

Bien non, la majorité des gens ne veulent pas réduire leur niveau de vie. Et c’est même pire que ça. Le Canada accueille plus d’un million de nouveaux résidents. De futurs citoyens, ou simplement des travailleurs ou des étudiants qui resteront ici temporairement. Mais ils ont tous en commun de vouloir mener une qualité de vie supérieure à celle qui prévaut dans leur pays d’origine.

Comment leur en vouloir? Comment concilier l’écologie, tant vantée par une certaine gauche, et l’immigration massive? La question se pose, même si elle peut paraître contre-intuitive pour certains. Les nouveaux arrivants ne sont pas intéressés à prendre l’autobus ou à marcher. Ils souhaitent, comme à peu près tout le temps, avoir une voiture. Et aussi de voyager chaque année pour retourner chez eux.

Le Canada devra faire des choix. Soit, c’est de maintenir le niveau de vie de tout le monde, ou au moins de freiner son déclin, ou bien d’aller dans des directions contradictoires comme la transition énergétique à marche forcée. Tout ça en plus d’amener chez nous de nouveaux consommateurs encore plus exigeants quant au confort. Car non, ce n’est pas possible de faire les deux. Il faudra choisir.

Anthony Tremblay

Après des études en politique appliquée à l'Université de Sherbrooke, Anthony Tremblay s'est intéressé notamment aux questions sociales telles que le logement ou l'itinérance, mais aussi à la politique de la Chine, qu'il a visité et où il a enseigné l'anglais. Il vit à Sherbrooke avec ses deux chiens.

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