La société d’assurance publique de la Colombie-Britannique, ICBC, fait face à de vives critiques après avoir instauré une ligne téléphonique et des parcours de tests de conduite réservés aux Autochtones, au nom de la réconciliation. L’objectif officiel : offrir un service « sécuritaire et adapté » aux réalités autochtones. Mais pour la chroniqueuse Amy Hamm, ce genre d’initiative relève davantage du symbolisme maladroit que d’un véritable geste de justice.
Dans une tribune publiée le 19 octobre 2025 dans le National Post, Hamm dénonce un « pandering » bureaucratique qui infantilise les Autochtones plutôt que de les traiter comme des citoyens égaux. Elle rappelle que l’ICBC — l’organisme responsable de l’assurance automobile en Colombie-Britannique — s’est dotée d’un Reconciliation Action Plan qui inclut une ligne téléphonique spéciale « pour les clients autochtones » et des parcours d’examen de conduite modifiés pour éviter les « sites potentiellement déclencheurs ».
Selon le site de la société d’État, cette ligne serait gérée par « une équipe d’employés informés et sensibles aux barrières historiques et contemporaines » rencontrées par les Autochtones. Mais Hamm pose une question toute simple : « Un seul Autochtone s’est-il déjà plaint de ne pas se sentir en sécurité au téléphone avec l’ICBC ? » Elle affirme que la société n’a jamais répondu à cette question, malgré plusieurs relances de la rédaction du Post.
La chroniqueuse souligne l’absence de données, de plaintes documentées ou de justification concrète pour de telles mesures. Même la liste des « endroits potentiellement déclencheurs » évités dans les nouveaux circuits de tests n’a jamais été publiée. Hamm ironise : « N’avons-nous pas déjà renversé toutes les statues de John A. Macdonald ? »
Elle estime que ces annonces relèvent davantage d’un opportunisme politique lié à la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation du 30 septembre, devenue selon elle « une foire au signalement de vertu ». Ce genre d’initiatives superficielles, écrit-elle, « ne favorise pas la réconciliation, mais la moquerie et la division ».
Amy Hamm va plus loin : présumer que les Autochtones doivent être traités avec des « gants de velours » pour accomplir des tâches banales — comme téléphoner à un service public ou passer un examen de conduite — constitue à ses yeux une forme de discrimination inversée. « Croire qu’ils ne peuvent utiliser la même ligne que tout le monde, c’est précisément cela, le vrai biais », conclut-elle.



