Plusieurs leaders autochtones exhortent le G7 de lever les interdictions de financement des infrastructures énergétiques

Plusieurs leaders autochtones du Canada exhortent les pays du G7 à revenir sur leurs interdictions de financement touchant les infrastructures pétrolières et gazières. C’est ce que rapporte un article publié par le média ontarien de centre-gauche SooToday le 28 octobre 2025. Bien qu’il s’inscrive généralement dans une sensibilité environnementaliste modérée, SooToday a ici relayé un communiqué du Indigenous Resource Network qui défend une approche plus pragmatique de la transition énergétique — un message que plusieurs observateurs de droite ou pro-ressources au pays jugeront salutaire.

Les Premières Nations réclament la levée des obstacles financiers imposés par le G7

Selon le texte rapporté par la rédaction de SooToday, cinq organisations autochtones canadiennes unissent leurs voix à l’approche de la réunion des ministres de l’Énergie et de l’Environnement du G7, qui se tiendra à Toronto les 30 et 31 octobre 2025. Leur objectif : convaincre les grandes puissances industrialisées de reconnaître la place centrale du gaz naturel liquéfié (GNL) dans la sécurité énergétique mondiale et de retirer les restrictions de financement qui pèsent actuellement sur les projets d’infrastructures liés aux hydrocarbures.

John Desjarlais, directeur exécutif de l’Indigenous Resource Network, affirme que le G7 doit « reconnaître clairement l’importance du gaz naturel et de l’accès au financement pour les clients énergétiques des pays en développement ». Dans une lettre cosignée en mai dernier par plusieurs dirigeants autochtones, les signataires avaient déjà appelé les dirigeants du G7 à renverser les politiques actuelles restreignant l’accès au capital pour les centrales thermiques, les terminaux de GNL et les pipelines.

« Nous sommes prêts à livrer », affirment les dirigeants autochtones

Toujours selon SooToday, Stephen Buffalo, président du Indian Resource Council, a rappelé que les Premières Nations « sont prêtes à livrer » et que ces interdictions financières « bloquent la prospérité de nos nations ». Pour sa part, Karen Ogen, directrice générale de la First Nations Natural Gas Alliance, a déclaré que le Canada, en tant que président du G7, avait « l’occasion de diriger le monde dans une approche pratique de l’énergie ».

Elle souligne que le GNL canadien offre une alternative crédible et moins polluante au charbon, répondant ainsi à la fois aux besoins de sécurité énergétique mondiale et aux engagements climatiques du G7. Cette position reflète un discours de plus en plus répandu chez les communautés autochtones partenaires de projets énergétiques : celui d’un développement responsable, mais non idéologique, qui mise sur la création de richesses et l’autonomie économique plutôt que sur des interdictions dogmatiques.

Un message à contre-courant du discours dominant

Les dirigeants autochtones mentionnés — dont Guy Lonechild (First Nations Power Authority), Justin Bourque (Athabasca Indigenous Investments), Stephen Buffalo et John Desjarlais — estiment que la stratégie énergétique du G7 doit s’arrimer à la réalité : les besoins énergétiques mondiaux demeurent croissants et les chaînes d’approvisionnement doivent être sécurisées face aux risques géopolitiques, notamment ceux associés aux exportations russes.

Ils défendent une vision dans laquelle le gaz naturel, le nucléaire et l’hydrogène s’inscrivent dans une même trajectoire d’innovation et de transition pragmatique. Selon eux, maintenir des interdictions de financement sur le pétrole et le gaz revient à freiner les pays en développement dans leur accès à une énergie fiable et abordable.

Une position qui rejoint la critique conservatrice du moratoire énergétique

L’article de SooToday reprend essentiellement le communiqué sans commentaire éditorial, mais il illustre une réalité que nombre d’acteurs pro-ressources dénoncent depuis des années : la fracture entre l’idéologie climatique des grandes puissances et les besoins concrets des communautés autochtones et industrielles.
Cette déclaration conjointe, rapportée à quelques jours d’un sommet majeur du G7, montre une fois de plus que le front pro-énergie n’est pas l’apanage des grandes entreprises — il trouve désormais un relais solide chez des nations autochtones prêtes à participer activement à la croissance et à l’exportation énergétique canadienne.

Alors que les politiques occidentales continuent de décourager les investissements dans les hydrocarbures au nom de la transition verte, ces leaders rappellent une évidence : sans infrastructure, il n’y a ni autonomie, ni prospérité. Et sur ce point, la droite économique et plusieurs Premières Nations se rejoignent de plus en plus.

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